Des personnalités révolutionnaires et politiques remettent Hollande à sa place !
Des personnalités révolutionnaires et politiques ont fustigé les déclarations du président français, François Hollande, qui a demandé la sanction des manifestants algériens ayant brûlé le drapeau français lors de la marche, organisée vendredi, pour défendre le Prophète (QSSSL) et condamner les caricatures de Charlie Hebdo.
Le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou a indiqué que la célèbre citation du général vietnamien, Giap s’applique sur le Président français. «Le colonialisme est un mauvais élève qui ne retient pas les leçons !» «La déclaration de Hollande est provocatrice à l’égard de l’Algérie. Elle est d’une tendance politique et électorale», affirme Abadou avant d’ajouter: «Hollande joue avec les mots et ne réfléchit pas bien lorsqu’il parle de l’Algérie tout comme ses prédécesseurs ». Le coordinateur de l’Instance algérienne de lutte contre le colonialisme, Lakhdar Bensaïd a affirmé de son côté que la déclaration de Hollande confirme encore que la France considère l’Algérie comme un « département lui appartenant ». « Il n’y a pas de respect de la France envers l’Algérie et ne la considère pas comme un Etat indépendant et souverain », a-t-il fait savoir dans une déclaration à Echorouk. Bensaïd est revenu sur les propos tenus par l’ancien ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, au lendemain de la présentation de la loi incriminant le colonialisme, selon lesquels la loi ne sera pas votée. Chose faite ! La loi n’a pas vu le jour. Par ailleurs, il a appelé les autorités algériennes à rompre tout partenariat avec la France. « Il faut rompre les accords de partenariat avec la France. Ce partenariat conclu au détriment de l’argent des Algériens n’a pour but que de sauver les entreprises françaises de la faillite », soutient-il.Abondant dans le même sens, le président du Mouvement des nationalistes libres (MNL), Abdelaziz Ghermoul a dit que « Hollande a demandé de sanctionner les Algériens qui ont brûlé le drapeau français. Il ordonne ! Comme si l’Algérie est un département dépendant de son pays ». « L’emblème américain a été brûlé un peu partout dans le monde et nous n’avons à aucun moment entendu Obama réclamer de sanctionner les auteurs. Quant à ce Hollande qui vante la liberté d’expression ordonne aux responsables algériens de sanctionner les auteurs ! », a ajouté Ghermoul qui a également appelé les autorités algériennes à prendre leur distance avec la France. A son avis, l’incident de Charlie Hebdo avait pour but de détourner l’opinion publique française de ses problèmes quotidiens et susciter la sympathie de l’extérieur. Pari réussi pour la France, selon lui. D’ailleurs, Paris a réussi à faire échec à la tentative de 1.7 milliard de musulmans de mobiliser le monde derrière leur cause. Pour le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), les propos de Hollande émanent d’une « pensée colonisatrice », dont le colonisateur dicte des ordres au pays colonisé. Cependant, Abderrazak Makri a vivement critiqué « la soumission aveugle du gouvernement algérien ». A propos de l’incident de Charlie Hebdo, Makri parle d’un ton affirmatif qu’il s’agit d’un « complot » visant à diviser les musulmans en deux catégories: celles des extrémistes et celle des dociles et obéissants à l’Occident. Il en existe une autre qui se situe au milieu pour dire cru et dru non au colonialisme et non aux puissances occidentales », insiste-t-il. Le fondateur de la Coordination des fils de chouhada, Moussa Touati, a quant à lui estimé que le message de Hollande était destiné directement aux responsables politiques algériens pour leur dire « Vous devez payez ce que vous nous devez ». Bien qu’il insiste sur une réponse appropriée à Hollande, Touati se montre pessimiste. « Si François Hollande se présente comme garant des intérêts de la France, en Algérie, Hélas ! il n’y a pas une véritable souveraineté pour lui riposter ?».