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Djaballah: «Le FIS a refusé les propositions des islamistes»

الشروق أونلاين
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D.R
Abdallah Djaballah (à droite), Abassi Madani (à gauche)

Le président du Front de la justice et du développement (FJD), Abdallah Djaballah définit la période des années 1990 de la plus dangereuse de l’histoire du courant islamique qui s’était retrouvé face à plusieurs responsabilités et à des défis multiples.

« En faisant face aux défis d’ouverture politique avec de nombreuses de chances de réussite, il a été décidé de créer la Ligue de prédication islamique pour permettre aux composantes du courant islamique de se réunir et de décider des démarches à entreprendre », a dit le président du FJD, qui ajoute que « l’écart en termes de militantisme et de connaissance entre les composantes du courant ont entravé les efforts consentis afin d’aboutir à unir les rangs de manière à réaliser la coopération et préserver la diversification».

Selon Djaballah, ceux qui ont de l’expérience dans le militantisme et la gestion des conflits les opposant au pouvoir étaient animés d’une grande volonté d’opter pour l’union et la coopération et « ils étaient plus prudents vis-à-vis du système contrairement à ceux qui manquaient d’expérience en matière d’action organisationnelle et la gestion des conflits avec le pouvoir, qui attachaient beaucoup plus d’intérêt à l’autonomie et à l’individualisme plutôt qu’à la coopération et la coordination ».

« En réalisant que les chances d’aller vers une collaboration et une coordination étaient très réduites, nous avons décidé au sein de l’Association Ennahda d’annoncer la naissance de notre parti baptisé le Mouvement de Ennahda Islamique, tout comme l’Association El Irchad qui annonce le sien, le Mouvement pour la société islamique », fait-il également savoir.

Le FIS  n’a pas pris très au sérieux les mises en garde contre l’annulation des élections au premier tour

Le patron du FJD a également souligné que les rencontres au sein de la Ligue de la prédication islamique s’étaient poursuivies pour coordonner en prévision des élections législatives prévues initialement pour juin 1991, mais toutes nos tentatives étaient vouées à l’échec face à l’insistance du FIS sur sa participation. Il y a eu ensuite des développements, en constatant l’absence d’une bonne intention de la part du régime d’organiser des élections libres et transparentes à travers notamment la promulgation de la loi sur le découpage des circonscriptions électorale ainsi que la loi électorale. Ces deux lois, selon Djaballah, ont été vivement décriées par les formations politiques qui ont réclamé leur révision.

« Le FIS ne s’est pas contenté de les dénoncer, mais il avait décidé d’entamer une grève politique ouverte devant, selon lui, amener le système à revenir sur ces lois. Par conséquent, il a été décidé de reporter les élections au mois de décembre 1991, dont les leaders du FIS ont été arrêtés ainsi que des milliers de cadres et de militants du parti », poursuit Djaballah.

« Nous nous étions efforcés, à travers une série de rencontres que nous avions organisées avec les hauts responsables de l’Etat de l’époque,  de convaincre le pouvoir quant à la nécessité du dialogue et d’une réconciliation. Le résultat étant la libération des cadres et des militants détenus tout en maintenant en prison les dirigeants du FIS », explique Djaballah qui ajoute qu’ « une conférence politique a été tenue ensuite sous la présidence du chef de gouvernement, Sid-Ahmed Ghozali en présence de tous les partis politiques à l’exception du FIS».

« Malgré tout ce qui a été suggéré lors de cette conférence, quant à la construction d’un système de gouvernance fidèle aux idéaux du Manifeste du 1er Novembre 1954 dans ses aspects démocratique et social obéissant aux principes islamiques, garantir les droits et les libertés tout en les préservant de toute violation, réunir toutes les conditions garantissant la tenue des élections libres et transparentes, toutes ces questions n’ont pas été saluées par le pouvoir et n’ont non plus permis de fondre la glace entre le pouvoir et les formations les plus ancrées de l’époque », soutient le premier responsable du FJD.

Pour lui, les attitudes du système donnaient l’impression que ce dernier ne serait pas prêt à céder le pouvoir au courant islamique même si de dernier était déclaré vainqueur aux élections.

Le système pensait que le « FIS » ne pouvait remporter qu’un tiers des sièges parlementaires !

« J’ai annoncé ce jour-là lors de certains meetings et à la presse que le premier tour des élections allait avoir lieu si Dieu le voulait, et si le premier tour était remporté par le courant islamique, le second tour ne le serait pas. Et c’est ce qui s’est passé d’ailleurs»,  soutient-il.

Il fait savoir également que le pouvoir avait tenté dans un premier temps de pousser le FIS à prendre part aux élections, en pensant que ce dernier ne pouvait pas remporter plus d’un tiers 1/3 des sièges au parlement. « Quant à nous, nous attendions à ce que le courant islamique remportait ces élections et nous avions tenté lors des débats au sein de la Ligue d’éviter l’arrêt du processus électoral et l’annulation du premier tour. Nous avons d’ailleurs suggéré quelques propositions que le FIS a refusées. Les élections ont été annulées dès l’annonce des résultats du premier tour », indique-t-il.

Abassi Madani a contrarié la Ligue

Cheikh Djaballah a expliqué qu’il y avait eu des contacts avec le « FIS-dissous », à travers notamment les réunions organisées par la Ligue de prédication islamique et avant le report des élections, ajoutant qu’il y avait eu aussi un contact direct avec Abassi au siège de son parti les 19 et 20 avril 1991 pour le conseiller de renoncer à l’idée d’une grève politique ouverte.

Le motif, selon lui, étant d’« éviter les risques sur le courant islamique et son projet et d’aller vers un accord de coordination et de coopération pour gagner aux élections et éviter les conséquences d’une grève ouverte », mais ce dernier, Abassi, a insisté sur la position de son parti et s’est produit ce qui est connu de tous. 

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