Escalade de violence à la veille des élections !
Au fur et à mesure que le jour «J» approche, les actes de violence se multiplient dans plus d’une wilaya et région, d’autant plus que les boycotteurs s’apprêtent à descendre dans la rue à la veille du 17 avril prochain.
La nouvelle flambée de violence à Ghardaïa, le saccage enregistré dans la wilaya de Béjaïa empêchant le directeur de campagne de Bouteflika, Abdelmalek Sellal, d’animer son meeting, l’annulation des meetings du duo Ghoul-Benyounès, et Saâdani respectivement dans les wilayas de Batna et El Oued, tels sont des événements qui poussent des observateurs à s’interroger sur le sort et la crédibilité du prochain scrutin, sachant que les épithètes ne manquent pas comme à l’accoutumée pour qualifier que le rendez-vous électoral se déroule dans de bonnes conditions.
Toutefois, la réalité prouve le contraire de ce qu’ils avancent, notamment dans certaines régions et wilayas du pays. A la lumière de ces incidents, une question est digne d’être posée, à savoir les événements constatés à la veille du rendez-vous électoral influent-ils sur le déroulement du scrutin tant sur le plan juridique que politique ? Vont-ils mener jusqu’à l’arrêt du processus ou à ne pas reconnaître ses résultats ?
«La responsabilité d’organiser des élections incombe à l’Etat, et il doit mettre en place toutes les conditions favorables permettant au peuple d’accomplir son devoir électoral», a avancé Lotfi Boumeghar, directeur de campagne d’Ali Benflis.
Pour lui, les événements enregistrés dans plus d’une région du pays n’ont rien à voir avec le scrutin du 17 avril, mais plutôt un résultat de plusieurs cumuls. Boumeghar a appelé, à ce sujet, les Algériens à faire de cette date une occasion pour le changement en se rendant en masse aux urnes et à veiller à ce que la volonté du peuple soit préservée.
C’est ce qu’a avancé, de son côté, le représentant de Ahd 54 au sein de la Commission nationale de supervision des élections présidentielles, Mohamed Sediki qui a dit que tout ce que connaît le pays aujourd’hui est le résultat de 15 ans de règne, où l’absence de dialogue et la répression policière érigées en méthodes de gouvernance pour faire face à toute manifestation pacifique.
S’agissant du sort des élections, notre interlocuteur a dit que «nous sommes plongés dans l’inconnu», insistant sur le fait que l’Etat soit déterminé à annoncer les résultats qu’il veut annoncer même si le scrutin n’a pas lieu dans 15 wilayas du pays, à l’exception des cas dangereux nécessitant -selon lui- l’intervention de l’armée.
L’ancien secrétaire d’Etat et partisan du 4e mandat de Bouteflika, Belkacem Mellah a quant à lui confié à Echorouk que «ce qui se passe actuellement est tout à fait normal et qu’il ne fallait pas l’amplifier et l’exploiter pour faire peur au peuple », ajoutant que « le scrutin se déroulera dans les délais et dans la quiétude et la sérénité ».