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France: Jean-Marie Le Pen se dit “à sa place” aux côtés des harkis

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Le chef historique de l'extrême droite française, Jean-Marie Le Pen, a estimé dimanche qu'il était “à sa place aux côtés des harkis” lors d'un hommage organisé à Arles (sud-est de la France) en mémoire de ces anciens supplétifs de l'armée française en Algérie.

 

La venue de M. Le Pen au Mas-Thibert, un hameau proche de la ville, avait  suscité la polémique. L’association locale Bachaga Boualam, du nom de l’ancien  colonel et homme politique harki Saïd Boualam, présidée par son fils Lahcene,  s’opposait à sa présence.

“J’ai ma place ici, parce que moi j’ai toujours été du côté des harkis,  tant pendant la guerre d’Algérie qu’après, ce que beaucoup ne peuvent pas  dire”, a affirmé le président d’honneur du Front national (FN), accompagné de  plusieurs élus régionaux du parti d’extrême droite.

“Je n’ai jamais été le complice des partis qui ont permis leur assassinat,  150.000 harkis assassinés par les fellagas, dont il semble qu’il y ait quelques  représentants là”, a ajouté M. Le Pen, qui a été officier parachutiste durant  la guerre d’Algérie.

Nous célébrons cette journée depuis dix ans, “est-ce qu’un jour il (M. Le  Pen) est déjà venu voir le Bachaga ? Ou ses enfants, ou les harkis ? Jamais.  Pourquoi aujourd’hui ? Si ça n’est pas pour une raison électorale (ndlr: la  candidature de Marine Le Pen, présidente du FN, à la présidentielle de 2012),  je ne vois pas pourquoi”, a rétorqué M. Lahcene Boualam, qui a refusé que M. Le  Pen aille déposer une gerbe sur la tombe de son père au cimetière.

Un représentant local des harkis, Mohamed Otsani, a qualifié de son côté la  présence de M. Le Pen de “non-événement”, préférant cibler ses attaques contre  le président Nicolas Sarkozy, qui doit décorer 25 combattants de la guerre  d’Algérie, majoritairement des harkis, dimanche en fin de journée à Paris.

Ce représentant a rappelé que Nicolas Sarkozy avait pris des “engagements  solennels”, lors de la campagne présidentielle de 2007, mais que, “quatre ans  après, on constate que la communauté souffre, que rien n’a été fait”, a-t-il  souligné.

“Ce que nous attendons, à un an du cinquantenaire (de la fin de la guerre  et de la proclamation de l’indépendance de l’Algérie), c’est la reconnaissance  de l’abandon des harkis le 19 mars 1962, c’est tout. Les 25 décorations et le  reste, cela ne nous intéresse pas”, a-t-il ajouté.

On estime à plus de 800.000 le nombre de harkis et de leurs descendants  vivant en France. 

 

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