France: le Conseil musulman condamne la suspension des animateurs
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a condamné mardi la suspension par une municipalité de quatre animateurs d’une colonie de vacances qui observaient le jeûne du Ramadhan et a annoncé son intention de porter plainte pour discrimination.
Abdallah Zekri, président de l’Observatoire contre l’islamophobie, composante du CFCM qui représente la religion musulmane auprès des pouvoirs publics en France, “condamne avec la plus grande fermeté la décision arbitraire et discriminatoire du maire de la ville de Gennevilliers”, municipalité communiste de la banlieue de Paris, écrit-il dans un communiqué.
“La liberté religieuse est une liberté fondamentale et on ne peut en aucun cas interdire à une personne de pratiquer sa religion. L’observatoire se réserve le droit de porter plainte pour discrimination”, poursuit M. Zekri.
Les quatre animateurs ont été suspendus après la visite d’un responsable de la mairie dans un centre de vacances de la ville à Port-d’Albret (sud-ouest) le 20 juillet, premier jour du ramadan. Ils ont dû quitter la colonie le lendemain mais leur salaire a continué à être versé.
Leur contrat de travail stipulait qu’ils devaient se restaurer et s’hydrater pendant la journée, une obligation justifiée selon la municipalité par des raisons de sécurité. Il y a trois ans, une animatrice qui observait le jeûne avait fait un malaise alors qu’elle conduisait un véhicule et provoqué un accident, selon la directrice de cabinet du maire, Nicole Varet.
“Ce défaut d’alimentation et d’hydratation pouvait conduire ces agents à ne plus être en pleine possession des moyens requis pour assurer le bon déroulement et la sécurité des activités du séjour, ainsi que la sécurité physique des enfants dont ils avaient la charge”, selon la mairie.
Les animateurs ont l’intention de porter plainte aux prud’hommes, justice paritaire chargée des conflits du travail.
Pour l’avocat des animateurs, Me Mohand Yanat, “Ce n’est pas l’état de santé qui dérange mais le fait de pratiquer le ramadan”.
“Je n’ai jamais vu ce type de clause dans une entreprise privée”, a commenté auprès de l’AFP Inès Dauvergne, chargé des questions de diversité dans un réseau d’entreprises, soulignant que le fait de s’alimenter durant la journée relève de “la liberté individuelle des salariés”.