France-Rwanda ou l'histoire d'un génocide
Voici un rappel des relations entre Kigali et Paris depuis le génocide en 1994 au Rwanda
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– 22 juin 1994: Le Front patriotique rwandais (FPR, rébellion tutsi de Paul
Kagame aujourd’hui au pouvoir) accuse la France de chercher à sauver le régime
rwandais et les auteurs du “génocide” en envoyant ses troupes.
L’ONU donne son feu vert à Paris pour une opération militaro-humanitaire,
baptisée “Turquoise”.
– 30 nov 1995: Le nouveau président rwandais Pasteur Bizimungu, un Hutu
membre du FPR, affirme que le but de Turquoise était de “fournir un repli aux
tueurs, afin de leur faciliter la reconquête du pouvoir”.
– 6 avr 1998: Edouard Balladur, Premier ministre français de 1993 à 1995,
déclare que “l’armée française n’a aucune responsabilité dans le génocide”.
– 15 déc: Une mission parlementaire française exonère la France, “nullement
impliquée” dans le génocide, mais retient une certaine responsabilité, due à
“une erreur globale de stratégie” et à des “dysfonctionnements
institutionnels”. Le Rwanda accuse la France de “crimes de génocide”.
– 2 juil 2002: Le président rwandais Paul Kagame, déclare que la France “a
été directement impliquée”.
– 9 mars 2004: Selon le journal français Le Monde, un rapport dans le cadre
d’une enquête judiciaire française sur l’attentat contre l’avion du président
Juvénal Habyarimana (6 avril 1994), élément déclencheur du génocide, désigne M.
Kagame – qui nie toute implication – comme principal décisionnaire.
– 23 déc 2005: Information judiciaire à Paris pour “complicité de génocide”
après une plainte de rescapés rwandais visant l’armée française.
– 30 jan 2006: La France doit reconnaître sa “responsabilité”, déclare M.
Kagame.
– 17 avr: Première réunion de la commission d’enquête rwandaise sur le rôle
de la France dans le génocide.
– 17 nov: Le juge français Jean-Louis Bruguière recommande des poursuites
contre M. Kagame pour sa “participation présumée” à l’attentat contre Juvénal
Habyarimana. Le 22, il signe neuf mandats d’arrêt contre des proches de M.
Kagame.
– 24 nov: Le Rwanda rompt ses relations diplomatiques avec Paris.
– 18 avr 2007: Requête du Rwanda contre la France devant la Cour
internationale de justice (CIJ).
– 8 déc: Le président français Nicolas Sarkozy rencontre Paul Kagame, en
marge du sommet UE-Afrique, et fait état d’un “début de normalisation”.
– 26 jan 2008: Le ministre français des Affaires étrangères Bernard
Kouchner déclare à Kigali que la France a “certainement commis une faute
politique”, mais qu’elle “n’a pas eu de responsabilité militaire” pendant le
génocide.
– 11 avr: M. Kagame estime “qu’avec l’administration Sarkozy, le Rwanda a
enfin trouvé un interlocuteur ouvert”, mais que les poursuites contre neuf de
ses proches restent un obstacle.
– 5 août: Le Rwanda accuse la France d’avoir “participé à la mise en
exécution” du génocide, laissant entendre que des poursuites rwandaises
pourraient être engagées contre des Français.
– 5 nov: Plainte en diffamation de 10 officiers français de haut rang ayant
participé à l’opération “Turquoise” après leur mise en cause par le rapport
rwandais.
– 9 nov: Une proche de M. Kagame, Rose Kabuye, directrice du protocole
présidentiel, est arrêtée à Francfort (Allemagne) sur la base des mandats
d’arrêt français.
– 11 nov: une source judiciaire rwandaise annonce de prochains mandats
d’arrêt contre des Français mis en cause dans le rapport sur le génocide.