Gaza ressuscite la désunion arabe
De nombreux dirigeants arabes et musulmans se sont réunis ce vendredi à Doha en dépit de certaines absences de taille, comme celles de l’Arabie Saoudite et de l’Égypte.Le président palestinien lui aussi manquait à l’appel.
- La rencontre a laquelle a appelé le Qatar s’est finalement tenue à Doha malgré le boycott de l’Égypte et de l’Arabie Saoudite. Le président palestinien lui également était absent alors que différents chefs de factions palestiniennes se sont rendus à la réunion, principalement le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal.
- Initiée par l’émir du Qatar et soutenue par le président syrien, la rencontre a appelé les pays arabes ayant des relations avec Israël à “fermer les ambassades d’Israël et à rompre tout contact direct ou indirect avec l’Etat hébreu”. Allusion faite à l’Égypte et la Jordanie, seuls pays arabes à avoir signé un traité de paix avec Israël et à accueillir des ambassades israéliennes. Le Qatar et la Mauritanie eux ont décidé ce vendredi de “suspendre” leurs relations avec Israël. Le Qatar pour rappel abrite un bureau de représentation commerciale israélien alors que la Mauritanie, qui entretient des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu avait auparavant rappelé son ambassadeur auprès à Tel-Aviv suite à l’agression israélienne contre Gaza.
- Le président syrien Bachar Al-Assad a appelé à l’occasion à “la réactivation du boycott” arabe d’Israël, et affirmé que l’initiative de paix arabe lancée en 2002 était morte. “Elle a été tuée par Israël et on doit la considérer comme morte”. Al-Assad évoquait précisément le plan de paix initié par Ryad qui prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés depuis juin 1967, la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-est pour capitale et un règlement “équitable et agréé” de la question des réfugiés palestiniens. Ce plan n’a jamais été accepté par Israël en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.
- Les états qui ont boudé aujourd’hui la rencontre de Doha tiennent pour leur part à leurs liens avec Israël et privilégient le plan égyptien de cessez-le-feu à Gaza, un plan qui signifie la reddition pour la résistance palestinienne et l’abandon de Gaza. D’ailleurs, le chef du Hamas a réaffirmé à partir du Qatar le rejet de son mouvement des conditions d’Israël. “Malgré toutes les destructions à Gaza, nous n’accepterons pas les conditions d’Israël en vue d’un cessez-le-feu car la résistance à Gaza n’a pas été vaincue”, a déclaré Khaled Mechaal à l’ouverture de la rencontre arabe. Le Hamas n’a pas demandé plus que ses droits, c’est-à-dire, l’arrêt de l’agression, le retrait israélien de Gaza, la levée du blocus et l’ouverture de tous les points de passage notamment celui de Rafah” à la frontière égyptienne.
- Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, le président sénégalais Abdoulaye Wade, président en exercice de l’Organisation de la conférence islamique, ainsi que des représentants du Venezuela, de l’Indonésie et de la Turquie étaient présents à cette rencontre sur Gaza.
- La rencontre a été sanctionnée par huit recommandations dont les plus importantes sont le gel de tout contact avec Israël et de l’initiative de paix arabe ainsi que l’entame de démarches pour ester les génocidaires israéliens devant la justice internationale. Ces recommandations adoptées ce jour seront soumises au sommet arabe qui devrait se tenir la semaine prochaine au Koweït.