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Général Aït Yala: «L’armée ne serait pas derrière l’élection du futur président… Zeroual serait la solution»

الشروق أونلاين
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D.R

L’ex-responsable des Forces navales (2002-2005), le général Mohand Tahar Aït Yala estime que l’institution militaire pourrait s’impliquer dans les affaires politiques s’il y ait menace contre l’intégrité territoriale du pays.

Toutefois, il affirme dans cette interview qu’il nous a accordée que cette dernière n’était pas concernée par la désignation du prochain président de la République. Le général appelle, en effet, à une période de transition qui sera placée sous l’égide de l’ex-chef de l’Etat, Liamine Zeroual.

 Vous avez récemment annoncé que vous vous ne mêlez pas dans les affaires politiques jusqu’à votre départ à la retraite. Pourquoi intéressez-vous actuellement à la politique? Quelles sont exactement vos motivations?

Tout d’abord, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de m’expliquer et de porter un éclairage sur cette question…Etant mon statut de général au sein de l’Armée nationale populaire (ANP) m’oblige de respecter le principe de la réserve et ne permet aucunement de faire une analyse ou un commentaire publiquement sur les développements politiques, socioéconomiques, y compris sécuritaires. La loi est claire sur ce sujet. Cette règle est valable dans toutes les armées du monde. L’armée a des tâches spécifiques qui lui incombent.Après mon départ à la retraite, j’ai mis le temps nécessaire pour mieux analyser la situation du pays en raison de la complexité son état et la manière dont sont gérées les affaires du pays. J’ai pu ensuite examiner toutes les données du moment et cerner les sérieux problèmes du pays et étudier ensuite les solutions possibles. Par la suite, j’ai effectué des tournées dans les quatre coins du pays, où j’ai pu m’entretenir avec des représentants de la société civile et les citoyens de différentes couches de la société et de différentes orientations et de différents statuts.Ces entrevues m’ont permis de constater un réel fossé entre les moyens humains et naturels et l’aspect historique et géographique dont jouit le pays d’une part, ainsi que la crise que nous vivons de l’autre…

 Qu’est-ce qui vous a fait croire qu’un ancien général de votre trempe puisse s’impliquer dans le monde politique?

Ma promotion graduelle au sein des forces navales jusqu’au grade de général et de capitaine des forces navales n’était que le fruit d’un immense parcours professionnel plein de formation militaire. Cela m’a, en effet, permis d’acquérir des expériences et une capacité d’évaluer et d’analyser toute question donnée, de prendre des décisions et mesures adéquates dans un contexte difficile et complexé, comme ce fut le cas dans les conflits armés. Exercer la politique,  n’est en fait qu’une suite logique à mon ancienne activité.

Quelle lecture faites-vous du communiqué provenant du ministère de la Défense nationale, au lendemain de l’appel que lui a lancé le moudjahid Mohamed Mechati pour l’intervention de l’armée?

Premièrement, il est utile de rappeler que le moudjahid Mohamed Mechati est une grande figure historique nationale qui fait parti du groupe des 22. En vérité, personne ne doute de son nationalisme. Son appel à l’intervention de l’armée émane sans doute de son sincère nationalisme, notamment en cas de vide politique que traverse le pays. Quant au communiqué émanant du ministère de la Défense nationale, c’était juste un rappel des prérogatives constitutionnelles de l’ANP.

 L’institution militairement, est-elle effectivement neutre et ne se mêle guère dans les affaires politiques du pays?

Pratiquement, elle est neutre. D’ailleurs, il n’est secret pour personne qu’elle contienne toutes les classes de la société qui coexistent. En effet, les missions de l’armée sont définies par la Constitution auxquelles personne n’est autorisé de les violer. Cependant, elle pourrait s’impliquer dans les affaires politiques s’il y ait une menace contre l’intégrité territoriale du pays, comme ce fut le cas dans l’ensemble des pays de la planète.

Qui serait, selon vous, derrière le futur président du pays: l’armée? la présidence ? ou bien le peuple?

De notre avis, cela revient au peuple qui décidera du prochain président. En effet, seul le peuple est susceptible de connaître ses intérêts et de les identifier selon ses aspirations.

Quels scénarios envisagez-vous dans les prochaines élections présidentielles? Vous représentez-vous à ce rendez-vous?

Je l’ai dit et redit à maintes reprises que chaque jour qui passe nous rapproche de la catastrophe. Le changement s’impose. Pourquoi attendons-nous alors jusqu’à 2014 ? S’agissant de ma candidature, la décision n’est toujours pas prise au sein de notre mouvement.

 Quel commentaire faites-vous de l’appel de l’ex-officier de l’armée, Chafik Mesbah au retour au pouvoir de l’ex-président de la République, Liamine Zeroual?

Ça pourrait être la meilleure solution, car la situation actuelle est très dangereuse. D’ailleurs, Liamine Zeroual jouit du grand respect et d’estime du peuple. Il a également été à la tête du pays dans une période des plus critiques et n’a jamais été un assoiffé du pouvoir. Son but était de sortir le pays de la crise et restaurer la sécurité et la paix. Si cette solution était valable, le période de transition que présiderait Liamine Zeroual devrait mener à la prise de décisions urgentes pour éviter au pays une sérieuse décadence économique. Elle serait aussi une étape pou bâtir un État de citoyenneté fondé sur le pouvoir du peuple et de la loi.

 

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