Grève de l'éducation: les syndicalistes entre « pour » et « contre »
Le bras de fer entre les syndicats autonomes et le ministère de tutelle risque de perdurer encore après l’annonce des syndicats d’entrer en grève illimitée. Hier, les cinq syndicats autonomes de l’éducation ne se sont pas mis d’accord sur le maintien ou l’arrêt du débrayage qui paralysa la majorité des établissements scolaires des trois paliers durant quatre jours.
De son côté le Département de Benbouzid a entrepris une démarche pour trouver une issue au problème opposant ce dernier aux syndicats autonomes en tenant une série de rencontres.
Les enseignants de l’enseignement fondamental ont dénoncé la marginalisation dont ils font l’objet après l’adoption de la loi 08-315 qui les prive, selon eux, d’une promotion aux postes d’inspecteurs de l’éducation ou de directeurs des établissements d’enseignement moyen en dépit de leur expérience qui dépasse les 15 ans.
Les professeurs ingénieurs (PI) ont rejoint hier le débrayage pour protester contre leur classification à la catégorie 10 et la non promotion des détenteurs de diplômes universitaires d’études appliquées (DEUA).
En plus des professeurs ingénieurs, les inspecteurs de l’éducation et les directeurs des établissements des trois paliers ont rejoint le débrayage dont le taux de suivi a atteint le quatrième jour 80 à 97%.
Le taux de suivi par wilaya est comme suit : Alger entre 90 et 95%, Oran 89%, Constantine 90%.
Quant aux wilayas du Sud, elles ont enregistré un taux de suivi entre 80 et 90%, et même 94% dans la wilaya de Laghouat.
Il est à noter également que l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) a appelé ses militants à se mobiliser et à aller jusqu’au bout de leur débrayage pour “arracher” leurs droits.
L’Unpef, tout comme le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) ont opté pour le maintien du débrayage.
Le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) a décidé hier à l’issue d’une réunion de deux jours de son conseil national d’entamer une grève illimitée, a déclaré à Echorouk Messaoud Boudiba, chargé de communication de ce conseil.
Pour Messaoud Amraoui, le porte-parole de l’Unpef a dit que leur formation a décidé d’une grève illimitée jusqu’à ce que le ministère décide de négocier avec eux leurs revendications.
Belamouri Laghlit du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) a dit que sa formation a pris la décision de reprendre le travail après satisfaction de leurs principales revendications par la tutelle.
Selon Belamouri Laghlit, parmi ces revendications figurent « l’augmentation des salaires par la création de nouvelles primes à hauteur de 15%, la prime de qualification à hauteur de 40 à 45% du salaire principal avec un effet rétroactif à partir du 1er janvier 2008. »
Pour sa part le SG du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Amoura Boualem a dit que le conseil national du syndicat a décidé la reprise des cours à partir du dimanche prochain, et ce à l’issue d’une session extraordinaire tenue avant-hier.
Quant à la Fédération des associations des parents d’élèves, le président de cette entité a mis en garde contre la persistance de ce débrayage qui pourrait engendrer des conséquences négatives sur le déroulement des cours.