Hamad Ben Khalifa: “Thamim est digne de confiance pour diriger le pays”
L’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al Thani, a annoncé mardi matin qu’il abdiquait en faveur de son fils, le prince héritier cheikh Tamim, organisant 18 ans après son arrivée au pouvoir une transition en douceur.
Cheikh Tamim, qui avait été désigné héritier du trône dès 2003, devient à 33 ans, et de loin, le plus jeune dirigeant d’un pays du Golfe.
“Le moment est venu d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de notre nation qui verra une nouvelle génération assumer les responsabilité avec ses idées innovantes”, a dit l’émir Hamad dans un discours télévisé qui n’a duré que sept minutes.
L’émir, qui lisait son texte assis à son bureau, a ajouté qu’il faisait “entièrement confiance” à son fils qui, a-t-il dit, “a les qualifications requises pour cette responsabilité et est digne de confiance”.
La succession était attendue et l’abdication de l’émir en faveur du prince héritier évoquée depuis plusieurs mois. Ce changement générationnel ne devrait pas, selon les experts, bouleverser la politique étrangère très active de l’émirat.
Agé de 61 ans, l’émir du Qatar, dont la famille règne depuis 130 ans, était arrivé au pouvoir en juin 1995 à la faveur d’un coup d’Etat de palais contre son père. En une génération, il a radicalement changé le cours de l’Histoire de ce petit pays d’environ deux millions d’habitants, dont seulement 250.000 Qataris.
Né en 1980, éduqué en Grande-Bretagne, passé comme son père par la prestigieuse école militaire de Sandhurst, cheikh Tamim devrait s’inscrire dans les pas de son père, estime Michael Stephens, chercheur basé à Doha du Royal United Services Institute. “La plus importante tâche qui l’attend sera de poursuivre le solide héritage de son père, et il le sait”, ajoute-t-il.
Le nouvel émir du Qatar est décrit par les uns comme plus conservateur que l’émir actuel, par d’autres comme “affable et doté d’un grand sens de l’humour”.
“Il est très chaleureux et extrêmement pragmatique. Quand il y a un problème, il essaie de le résoudre”, dit une source diplomatique, selon laquelle “sa vision du monde est très proche de celle de son père”.
Cheikh Tamim, qui a joué un grand rôle dans le dossier Coupe du monde 2022, a également été l’architecte du rachat du PSG, le club français, via Qatar Sports Investments (QSI). Mais ce fan de sport, par ailleurs commandant en chef adjoint des forces armées du Qatar, a endossé ces dernières années un rôle plus visible dans les affaires générales de l’émirat.”Tamim contrôle depuis quelque temps un certain nombre de politiques essentielles pour le pays et partage le point de vue de son père sur le développement économique du Qatar et sur la politique de diversification de l’économie”, estime Eman Ebed Alkadi, analyste d’Eurasia Group.