Hanoune s’acharne sur Benflis
La candidate à la présidentielle du 17 avril prochain, Louisa Hanoune a transformé sa conférence de presse en une véritable audience, dont l’accusé principal n’est autre qu’ Ali Benflis.
Quant à l’audience -tant contestée- qu’a accordée le président sortant au ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia-Margallo, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) l’a jugée de « constat » et que Bouteflika ait regretté le fait que certaines parties menaçaient de recourir à la violence et qu’il n’ait jamais demandé d’aide à son hôte.
Lors de sa conférence de presse tenue au siège de son parti à Alger consacrée à l’évaluation du résultat de la campagne qu’elle a menée, Louisa Hanoune a déclaré que son parti s’était singularisé comme une première force politique organisée, indiquant ne pas avoir joué le régionalisme, le tribalisme, ne pas demander le soutien de l’étranger et les médias étrangers et qu’aucun des putschistes revanchards voulant se venger de leur pays pour avoir été évincés du pouvoir, n’ait rejoint sa campagne, en faisant allusion au candidat Ali Benflis.
Par ailleurs, Hanoune a estimé que le mandat de l’ex-chef de gouvernement, qui appelle selon elle à une intervention étrangère, était le plus mauvais sur le plan économique et social, y compris les libertés.
En outre, elle a affirmé que les partisans de Benflis faisaient usage de la violence et recruté des “baltaguia” pour faire échouer ses meetings à Batna et à Khenchla, au moment où 50 baltaguia ont été dépêchés pour faire échouer encore son impressionnant meeting à Douéra, mais en vain.
Chahutée à Ouargla, Hanoune pointe un doigt accusateur en direction du coordinateur national du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC), Tahar Belabbès qu’elle accuse de s’autoproclamer le « zaïm » (leader) du Sahara. Hanoune ne s’arrête pas à ce niveau, car elle est allée jusqu’à l’accuser de « terroriste » et d’avoir des liens avec un groupe terroriste activant au Sud algérien, comme elle l’a traité de mercenaire appartenant à un gang de délinquants, en faisant allusion à la CNDDC.
De plus, elle a lié les menaces de Benflis à l’infiltration des terroristes depuis la frontière, considérant que l’intervention étrangère était toujours liée avec le terrorisme, indiquant qu’il y ait un personnage prêt à faire exploser le pays en s’autoproclamant président-parallèle avec un gouvernement parallèle.
Louisa Hanoune a perçu les déclarations de Benflis sur les walis comme étant une menace de lynchage en direct. «C’est de la baltaga et la justice doit agir. La menace de tuer 48 familles, un dérapage dangereux », martèle-t-elle.
« La commission de surveillance de l’élection présidentielle, le Conseil constitutionnel et le président de la République devraient plutôt intervenir en leur qualité de responsables de la sécurité du pays », ajoute-t-elle.
A la question des journalistes, la candidate a dit qu’il n’y ait aucune comparaison entre l’appel de Bounouari à l’ingérence étrangère avec ce qui a été dit lors de l’entrevue entre le président Bouteflika et le chef de diplomatie espagnole, estimant que le premier agit en “aventurier insolent”, tandis que le second, qui continue à exercer ses missions, a fait plutôt un constat et regretté le fait que des parties incitent à la violence et qu’il n’a pas demandé d’aide au ministre espagnol.