Immigration: des musulmans en Grèce s'en prennent au Premier ministre
L’Union des musulmans de Grèce s’en est prise vendredi au Premier ministre grec Antonis Samaras, taxé de “racisme” pour les propos anti-immigrés tenus durant la campagne électorale en juin.
“Nous vivons dans un pays où le Premier ministre est raciste”, a indiqué Naïm El Gadour, en répondant à une question sur les droits des migrants lors d’une conférence sur le film anti-islam “Innocence of Muslims”.
“Je me base sur les propos de M. Samaras qui au cours de sa campagne électorale disait que les immigrés sont des envahisseurs en Grèce”, a souligné M. El Gadour, dont l’Union rassemble surtout des musulmans originaires de pays arabes.
Avant sa victoire aux législatives du 17 juin, M. Samaras s’était engagé à “reconquérir” les villes et arrêter “l’invasion” de l’immigration illégale.
Alors que des militants du parti néonazi Aube dorée ont multiplié les attaques anti-immigrés ces derniers mois, M. El Gadour a mis en garde contre “la répression et les attaques contre les immigrés, qui sont très dangereuses”.
Concernant le retard pris par l’Etat grec dans la construction d’une mosquée à Athènes, un projet qui remonte à la fin des années 1990, M. El Gadour a qualifié “d’inacceptable l’inertie de l’Etat grec”.
“Nous sommes des milliers de musulmans grecs, nous avons fait notre service militaire dans l’armée grecque et je suis obligé d’accompagner mes enfants et mes petits-enfants dans des sous-sols pour prier, l’Etat ne fait rien, la seule solution est maintenant le recours en justice”, a-t-il souligné.
La Grèce compte environ 500.000 musulmans migrants, dont plus de 100.000 appartiennent à la communauté turque dans le nord-est du pays près de la frontière gréco-turque, où se trouvent les seules mosquées du pays.
A Athènes, les musulmans sont contraints de prier “dans des immeubles délabrés ou dans des parkings en raison d’absence de mosquée”, rappelle Julie Jalloul, journaliste du site arabe Alyunaniya.com en Grèce.
Sur le film “Innocence of Muslims”, M. El Gadour a déploré “le manque de respect pour 1,8 milliard de musulmans dans le monde” que certains veulent “utiliser contre le monde musulman” et a condamné “toute violence qui n’a rien à voir avec la religion”.