Immigrés algériens décédés : ils sont inhumés aux côtés des juifs ou incinérés
Il se peut que vous viviez toute votre vie en musulman, mais une fois que vous vous éteignez vous pourrez être enterré dans un cimetière destiné aux juifs ou votre cadavre serait incinéré comme le font certains de ceux qui croient en d’autre religion que l’Islam.
Tel est le sort réservé à un certain Mohamed, ressortissant musulman algérien, une fois qu’il a rendu l’âme, sa femme qui était incapable de payer les frais d’enterrement estimés à 4 000 euros, elle a incinéré sa dépouille. Tel est le scénario que craignent les millions d’Algériens qui vivent sous d’autres cieux… Dans ce reportage, l’envoyée spéciale en France et en Belgique, tente de nous faire découvrir cette vérité.
En arrivant à la capitale belge, Bruxelles, nous avons appris la mort d’un ressortissant algérien qui y est installé dans ce pays. N’ayant pas les moyens pour être enterrer dans un cimetière à Genève, la femme du défunt a incinéré son cadavre.
Étonnés par son absence prolongée et n’ayant plus de contact avec le défunt, ses amis de Suisse sont allés le chercher pour savoir ce qui lui est arrivé. Ils demandaient à son épouse, cette dernière leur répondait qu’il est mort et n’a rien laissé derrière lui de quoi l’enterrer. « Il n’a pas laissé de l’argent de quoi l’enterrer, j’ai été contrainte d’incinérer son cadavre », a-t-elle confié aux amis de son époux.
Mohamed était un musulman croyant et pratiquant. Il s’avère que le cas de Mohamed n’est pas unique, des Arabes et des musulmans sont indésirables dans ce coin du monde, même une fois dans leur dernière demeure.
Des immigrés payent 4 000 euros pour une place dans un cimetière, d’autres sont rapatriés au milieu de marchandises
Étant en vie et vous cherchez une place où vous pourrez être inhumé une fois votre heure venue, ceci résume l’extrême souffrance qui guette nos ressortissants à l’étranger, a commenté Souad Lemli, membre active d’une association culturelle pour la femme en France.
Lorsque des Tunisiens et des Marocains meurent à l’ étranger, leurs corps sont rapatriés dans leurs pays d’origines dans moins de 48 ans, tandis que les nôtres, lorsque ils rendent l’âme, leurs dépouillent demeurent stockés dans des morgues pour longtemps, voire même ceux qui sont enterrés dans des cimetières pour chrétiens et juifs, a regretté Souad Lemli.
Quant aux corps des ressortissants algériens rapatriés dans le pays, la membre de ladite association déplore la manière dont on les transfère pour être enterrés dans la terre des siens au milieu de marchandises.
A ce sujet, elle appelle même à réserver un avion spécial pour les transférer décemment et en préservant leur dignité.
Le manque de terrains réservés aux cimetières musulmans ainsi que la flambée des frais d’enterrement et d’obsèques, 4 000 euros environ, constituent un vrai souci aux Algériens qui vivent en étranger, loin du pays des ancêtres.
Il est utile de souligner que le prix des obsèques en France est plus coûteux que celui du rapatriement d’un corps au Maghreb en général, et en Algérie en particulier.
La question d’inhumation des musulmans en France a suscité un long débat au niveau du ministère de l’Intérieur français, dont la représentante de ce département avait souligné auparavant la nécessité de revoir cette question de manque de terrains pour inhumation, dont des musulmans refusent que l’on exhume les ossements des morts 30 ans après pour enterrer d’autres dans leurs tombes.
Si le corps de Mohamed a été calciné, celui de Rokia, vieille dame algérienne, a été inhumé dans un cimetière pour juifs, où l’on exhume les ossements après 30 ans d’enterrement pour inhumer d’autres dans une même tombe, selon la loi française.
Une Association d’Algériens d’Europe et de Suisse lance un appel aux autorités algériennes : « Aidez-nous à ce que nos corps ne soient pas enterrés aux côtés des juifs, chrétiens ou incinérés »
Le chargé des Affaires étrangères de cette association, dont le siège est en Suisse, Ziane Mehadjeri, appelé également, Cheikh Sofiane a déclaré à Echorouk que le fait de mourir en Europe constitue l’une des questions préoccupantes en affirmant la tenue de multiples rencontres entre le Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires Etrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étrange ainsi que le ministère des Affaires religieuses, en sa qualité de partie prenante dans la résolution de cette question.