Irak: l'Otan dément avoir décidé de ne pas prolonger sa mission de formation
L'Otan a démenti dimanche avoir décidé de ne pas étendre sa mission de formation militaire en Irak au-delà de 2011, comme l'a affirmé un responsable irakien, tout en soulignant qu'elle ne pourrait la prolonger que si l'immunité juridique de ses membres était également prolongée.
Il n’y a pas encore eu de décision, mais puisque le gouvernement irakien nous demande de prolonger la mission, il faut également que le cadre légal soit prolongé, a déclaré à l’AFP un responsable de l’Alliance atlantique à Bruxelles s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. Nous gardons l’espoir qu’une solution sera trouvée et que nous pourrons répondre positivement à la demande de l’Irak de prolonger notre mission sur la base du cadre légal que nous avons depuis 2009, a-t-il ajouté. Le conseiller irakien à la Sécurité nationale, Falah al-Fayad, a déclaré plus tôt dans la journée que l’Otan avait informé le gouvernement irakien il y a trois jours qu’elle n’étendrait pas sa mission au-delà de fin 2011 faute d’immunité. L’Otan nous a surpris avec cette décision, a dit le responsable irakien à l’AFP dans l’avion alors qu’il accompagne le Premier ministre Nouri al-Maliki pour un voyage officiel à Washington. Nous sommes désolés de ce que l’Otan ait recommandé de retirer sa mission d’Irak, a-t-il dit à l’AFP, L’immunité est hors de portée du gouvernement irakien et nous respectons cette décision. (…) J’espérais que cette mission allait rester, a-t-il dit. Mais, pour le responsable de l’Otan, le Conseil de l’Atlantique Nord (NAC), l’instance dirigeante qui réunit les ambassadeurs des pays membres de l’Otan, ne s’est pas encore prononcé sur la question et n’a pas encore eu de confirmation officielle que Bagdad refusait l’extension de l’immunité pour les membres de la mission. L’Otan est en négociation avec le gouvernement irakien. Celui-ci nous a demandé plus tôt dans l’année de prolonger jusqu’à la fin de 2013 notre mission, qui s’achève en principe fin 2011, a expliqué le responsable de l’alliance. Cet automne, le NAC a décidé que nous le ferions, mais que pour cela il fallait que le cadre légal dans lequel nos personnels opèrent soit également prolongé, a-t-il ajouté. Un accord entre l’Otan et le gouvernement irakien prévoit que les militaires et formateurs de l’Otan ne sont responsables que devant la justice militaire de l’Otan ou de ses Etats membres et pas devant la justice militaire irakienne, a expliqué ce responsable. Selon lui, les négociations ne sont pas rompues, mais si le refus par les autorités irakiennes de prolonger l’immunité se confirmait officiellement, alors cela devra être examiné par le Conseil de l’Atlantique Nord. Les ambassadeurs examineront cette question au début de cette semaine, a-t-il également précisé.