John McCain tente de ravir le thème du “changement” à Barack Obama
Pour John McCain, la convention républicaine aura été un succès. Son parti en sort unifié et mobilisé. La performance de sa colistière, Sarah Palin, a été vue, mercredi 3 septembre, par 37,2 millions de téléspectateurs, soit 1,2 million de moins seulement que le discours historique de Barack Obama le 28 août. “Le plus grand changement de la semaine est que le Parti républicain s'est remis à espérer”, affirme l'historien Richard Norton Smith.
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John McCain a montré, jeudi, qu’il espère continuer à pouvoir naviguer entre les écueils. Après avoir donné des gages aux conservateurs avec la nomination de la gouverneure de l’Alaska, il a corrigé le tir en tenant un discours centriste en direction de l’ensemble des Américains. “Je tendrai la main à quiconque m’aidera à faire bouger ce pays de nouveau. Je demanderai aux démocrates et aux indépendants de servir avec moi, a-t-il dit. Partageons les bonnes idées.” Devant le noyau dur des républicains, il n’a pas hésité à critiquer le parti, qui a “perdu la confiance des Américains à cause des affaires de corruption”. Il a rendu hommage au “président” pour son action après les attentats du 11-Septembre, mais sans citer son nom. “Je ne travaille pas pour un parti, ni pour les intérêts particuliers ni pour moi-même. Je travaille pour vous”, a-t-il déclaré.
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Détournant la stratégie de son adversaire, il s’est présenté comme le candidat du changement. Avec Sarah Palin, il promet de secouer l’establishment de Washington et tous ceux “qui dépensent beaucoup, ne font rien et font passer leur personne avant leur patrie.” “Je les préviens : le changement arrive”, a-t-il dit. Son argument est qu’il a, par rapport à Barack Obama, un bilan au Congrès, “et les cicatrices pour le prouver. Pas le sénateur Obama”.
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John McCain a tenu son discours sur un podium entièrement dépouillé, comme pour souligner le contraste avec son adversaire. Alors que les républicains, la veille, avaient sonné la charge contre le candidat démocrate, John McCain s’en est presque excusé. Il a assuré les partisans de Barack Obama de son “respect” et de son “admiration”. Mais il a prévenu que les républicains allaient “mener bagarre”. C’est la “loi du genre”, a-t-il affirmé. Il a mentionné quelques-uns des mots importants, aux yeux des conservateurs chrétiens, comme “culture de la vie”, mais il a aussi plaidé pour “l’Etat de droit” là où Sarah Palin avait, la veille, fait rire aux dépens de Barack Obama en affirmant qu’alors que les terroristes sont toujours à l’affût, les démocrates se préoccupent surtout “qu’on leur ait lu leurs droits”.
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M. McCain a longuement évoqué l’amour pour son pays qui lui est venu quand il était prisonnier “dans un autre” (au Nord-Vietnam). Cette expérience lui a fait comprendre “les limites de [son] indépendance et de [son] égoïsme”, et il a découvert que l’Amérique n’était “pas juste un endroit mais une idée”. Il a répété qu’il “déteste la guerre” pour en avoir constaté les ravages.
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John McCain a terminé son discours de 59 minutes par un appel à ses compatriotes à “se battre” à ses côtés, et il a défini le trait américain : “Nous n’abandonnons jamais ; nous ne renonçons pas. Nous ne nous dérobons pas de l’Histoire. Nous faisons l’Histoire.”