La colère du Front social s’amplifie à El-Mouradia
La Présidence de la République a connu, dimanche, quatre sit-in regroupant des centaines de personnes à savoir, les enseignants contractuels qui maintiennent leur sit-in pour la deuxième semaine, des membres des associations de victimes du terrorisme, des radiés des effectifs de l'ANP, pour invalidité non imputable au service ainsi que des personnes rapatriées de Libye…
Un enseignant contractuel originaire de la wilaya d’Ain Defla, a tenté de se suicider, dimanche, en avalant de l’essence avant que ses collègues n’interviennent pour l’empêcher de faire un tel acte. Quelques heures plus tard, il a été transféré vers l’hôpital lorsqu’il avait senti un mal à la suite de la quantité qu’il avait bue. Pour rappel, deux tentatives de suicide avaient été déjà enregistrées jeudi dernier, à laquelle s’ajoute celle de dimanche. Le nombre d’enseignants qui étaient à Al-Mouradia a augmenté, dont il est de l’ordre de 200enseignants. Ces derniers continuaient de camper devant le siège de la première institution du pays, passent des jours et des nuits dans l’espoir d’arracher leurs droits à savoir leur intégration. Il convient de souligner que ces enseignants exerçaient dans des régions reculées, montagneuses et sahraouies qui manquaient de conditions de vie ordinaire.
Derghal Mohamed, enseignant de la langue arabe depuis 10 à Sidi Semyane, dans la daïra de Cherchel, dans la wilaya de Tipasa, avait également tenté de suicider. Cet enseignant licencié de son établissement après avoir été remplacé par un autre enseignant diplômé (bac+3) qui avait réussi le concours de recrutement. Derghal Mohamed, marié et père de 4 enfants a tenté donc de mettre fin à ses jours face à cette situation critique.
Aux environs de 10h, Abdelwahab, un jeune de la wilaya d’Oran a été transféré vers l’hôpital suite à un évanouissement dû à l’hypotension, tandis que l’enseignant Mimoun Khaled, s’est fait blessé en raison des affrontements enclenchés entre ces enseignants qui avaient essayé de barricader la route et les forces de sécurité. Force est de souligner, que la révolutionnaire de la guerre de Libération, Djamila Bouhired, avait rejoint les enseignants rassemblés devant la présidence en leur confiant : « Bon courage ».
En plus des enseignants rassemblés à Al-Mouradia, près de 500 autres personnes représentant les victimes des terrorismes ont de leur côté ladite place, réclamant leurs droits sociaux par le biais d’un décret présidentiel, en soulignant qu’ils n’avaient touché leur allocation depuis 8 mois.
Ces victimes du terrorisme ont décidé d’organiser un autre sit-in devant le siège du palais du gouvernement à Alger.
Des radiés des effectifs pour invalidité non imputable de service, s’étaient, de leur part, rassemblés devant la présidence en scandant des slogans dénonçant la « marginalisation »dont ils font l’objet et réclamant leur réintégration. Soulignons, enfin, que des personnes rapatriées de la Libye, présentes dans ladite place, ont demandé aux autorités des indemnisations après avoir laissé derrière eux tous leurs dans ce pays.