La famille de l'ex-PM libyen empêchée de lui rendre visite
La famille de l’ex-Premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, extradé dimanche de Tunisie, ignore le lieu de sa détention et les autorités libyennes empêchent ses proches de lui rendre visite, a affirmé mercredi à l’AFP son principal avocat Me Mabrouk Kourchid.
Depuis son extradition, la famille de mon client cherche en vain à lui rendre visite et à avoir une précision sur son lieu de détention auprès des autorités libyennes”, a-t-il déclaré.
“Des proches de M. Mahmoudi s’inquiètent beaucoup sur son sort, surtout après avoir entendu mardi soir des rumeurs sur son décès”, a ajouté Me Kourchid.
Lundi, l’avocat français de M. Mahmoudi, Me Marcel Ceccaldi, avait affirmé que son client avait été hospitalisé pour une hémorragie quelques heures après son arrivée.
Selon l’avocat français, qui a fait ces déclarations au site Médiapart, des violences auraient été exercées durant un interrogatoire par Abdelhakim Belhaj, qui a démissionné en mai de son poste de gouverneur militaire de Tripoli pour se présenter à l’élection de l’assemblée constituante le 7 juillet.
Le vice-ministre libyen de la Justice, Khalifa Ashour, avait démenti les accusations dès lundi: M. Mahmoudi “est traité dans le respect des critères internationaux (…). Il est dans un endroit sûr et ses gardiens ont été choisis avec soin”, avait-il affirmé.
Selon Me Kourchid, l’ex-Premier ministre libyen avait été isolé dans la prison de Mornaguia, près de Tunis, cinq jours avant son extradition et a été drogué le jour de son extradition, décidée par le chef du gouvernement Hamadi Jebali sans l’aval du président Moncef Marzouki.
M. Marzouki avait fait savoir publiquement début juin son “opposition de principe” à toute extradition avant les prochaines élections en Libye. Il se trouvait dans le sud du pays pour des commémorations avec l’armée lorsque M. Mahmoudi a été extradé. Il n’a pas signé le décret d’extradition. Et il a appris la nouvelle par la presse, de l’aveu même de son conseiller.