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La fille de Messali Hadj à Echorouk: “Mon père était communiste, mais il tenait à l’Islam”

الشروق أونلاين
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D.R
Mme Djenina Messali, fille de Messali Hadj

Mme Djenina Messali, fille de Messali Hadj, a essayé de clarifier les positions de son père à travers plusieurs questions qui restent toujours opaques ou sous des enchères politiques, y compris les frais d’allégeance au communisme, et son opposition au déclenchement de la révolution, et son implication dans crise berbériste au sein du Parti du Peuple, se référant à la position de Hocine Aït Ahmed, et surtout les manœuvres des colons dans son exploitation pour déchirer le tissu social des Algériens. Elle a également défendu l’œuvre qui relate le parcours militant de son père, tout en refusant d’entrer dans les détails, en attendant sa publication.

 

Mme Messali, quels sont  les motifs qui vous ont poussé à  écrire ces mémoires?

Ce ne sont pas des mémoires, mais un livre qui parle de l’histoire d’une famille qui a vécu pour la cause nationale, ce ne sont pas des mémoires qui relatent une autobiographie, mais une tentative de réécrire l’histoire vraie de l’Algérie et le Mouvement national et la réhabilitation de l’un de ses symboles.

Nous voulons tout savoir de vous, est ce que Messali était vraiment un communiste? Certains historiens ont essayé  de justifier son orientation ?

Je tiens à répondre à votre question par une autre question: supposons que vous voulez apprendre, où allez-vous?

Surement  à l’école.

Tout à fait, vous avez  répondu à la question, Messali voulait une vraie formation politique, et l’école communiste à l’époque, était  la seule qui offrait cette opportunité.

Excusez-moi, mais avoir les compétences en militantisme et en politique, est une chose et embrasser une idéologie, en est une autre.  Messali, est –il un communiste convaincu ou seulement de formation ?

Non, Messali appartenait à l’idéologie communiste. Il était courageux pour exprimer ses idées, et le communisme était son école.

Les historiens disent que Messali a abandonné le communisme,  et puis après le programme du Parti du Peuple populaire algérien s’est basé sur les constantes nationales en particulier l’Islam dans   la  lutte pour l’indépendance de l’Algérie.  J’imagine que vous parlez seulement d’une étape de sa vie, et non sur Messali dont les valeurs arabo-islamiques ?

Les historiens peuvent dire ce qu’ils veulent, mon père était un communiste, mais il n’était pas stalinien, savez-vous qu’est ce que c’est  le communisme? C’est une extension de l’école du marxisme et du léninisme, qui a défendu le droit des peuples à l’autodétermination. Dans ces conditions qu’avait vécues par l’Algérie et mon père, il n’y avait que  les idées du marxiste qui ont émergé après la révolution bolchevique qui a donné un nouvel espoir dans la libération de l’Algérie. Cela n’a pas empêché mon  père, de défendre les valeurs de son pays, y compris l’islam et l’arabe.

Qu’en est-il de la relation entre Messali et certains symboles des Frères musulmans, tel que Toufik Chaoui, l’un des leaders des Frères musulmans en Egypte, il disait qu’il avait rencontré Messali plusieurs fois en compagnie de Abdelkarim El Khatib, le représentant du Parti de l’indépendance du Maroc en France dans sa résidence à Niort ?

Je connais Chaoui, j’étais avec mon père quand il l’avait reçu avec El Khatib, mais cela ne signifie pas que mon père a été influencé par idées de l’orient.  Il avait des relations limitées avec les islamistes limitées. D’ailleurs, son principe est  de ne pas utiliser la religion à des fins de politique, malheureusement, aujourd’hui, c’est ce qui se passe dans plusieurs pays du proche orient, ce qui explique le pourquoi du chaos que connait le monde arabe. Mon père était ouvert sur les idées universelles, un homme qui s’était immiscé depuis le début des événements à Bordeaux durant son service militaire en qualité de sous  officier dans l’armée française. La visite de Chaoui et d’El Khatib à mon père était seulement de connaitre les causes de la crise interne du parti, mais mon père ne leur avait donné l’occasion,  car il considérait que c’est un problème interne.

Et si on passe à un autre volet de votre livre, celui de la crise berbériste. Vous l’avez relaté à l’instar de Harbi et Stora.  Mais, dans votre livre, vous n’avez pas relaté comment Messali avait fait face à cette crise.  Sa position était –elle négative aux exigences des berbéristes au sein de son propre parti?

Vous parlez de la crise berbériste, et fond, elle n’existe même pas. Si on suppose,  il s’agit d’une crise interne du parti, et pas d’une crise d’identité nationale.  Le berbérisme n’avait jamais été une  cause de l’identité en Algérie, mais c’est juste une période historique qu’avait vécu le Mouvement national dans l’année 1949. C’est une cause qui n’est pas liée  à la composition du tissu national,  Amazigh et arabe, mais c’est une cause qui avait surgi à l’intérieur au sein de la fédération de  France, c’est pour cela que je ne la considère pas comme une crise identitaire.

Mais Mme Messali, la réalité est tout autre, réellement c’est une  crise identitaire, car Messali considérait la berbérité comme l’une des composantes du peuple algérien, Ait Ahmed, disait  dans ses mémoires qu’il y avait  dans le parti ceux qui voulaient que l’Algérie demeurera française que berbère.

 Aït Ahmed peut dire ce qu’il veut.  D’ailleurs, à l’époque, il était en Algérie. Aucun membre de la cause n’y était.  

Aït Ahmed n’était-il pas parmi les pro-berbéristes au sein du parti?

Aït Ahmed n’était pas avec la revendication de  Rachid Ali Yahia. C’est vrai qu’il était l’un des défenseurs, le considérant parmi les composantes essentielles de l’identité nationale.  Mais  c’est un nationaliste.

Après le déclenchement de la révolution, a-t-il découvert une erreur de conception et d’appréciation dans le traitement avec les jeunes du Comité central qu’il poussait à accélérera  à déclarer la guerre ?

S’il vous plaît, je vais arrêter. Et je répondrai  à aucune question concernant les axes mentionnés en détail dans mon livre.

Dites-nous seulement, si  Messali  était contre la révolution?

Messali n’avait jamais été contre la révolution sur le colonialisme, un discours pour lequel, il vivait avec l’ensemble des membres de sa famille.  Toute son activité politique était pour la révolution et l’indépendance, au moment où certains Algériens appelaient à l’intégration et à l’égalité avec les Français.

Si vous permettez, je veux clôturer avec une question ?

Allez-y !

Après que le président Bouteflika vous a reçu à Tlemcen, Messali Hadj a été rehabilité, Pensez-vous que la page sera tournée?

Cette action ne signifie nullement que la page sera tournée, mais il doit réécrire la vraie histoire et l’enseigner à  nos enfants dans les écoles.

 

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