La nouvelle Constitution maintient le conflit entre le pouvoir et l’opposition
L’avant-projet de la révision constitutionnelle a suscité des réactions diamétralement opposées entre les partis au pouvoir et ceux de l’opposition. Pour les premiers, la constitution accorde plus de liberté d’expression, tandis que les seconds la qualifient de décevante, voire d’utopique.
FLN: L’opposition obtient des acquis qu’elle n’aurait jamais rêvés
Le Front de libération nationale (FLN) a estimé par la voix de son porte-parole, Hocine Khaldoune, que le président Bouteflika avait tenu sa promesse de la révision constitutionnelle devant le peuple et que les partis politiques obtiennent des acquis dont ils n’auraient jamais rêvés auparavant.
L’interlocuteur souligne également que l’avant-projet accorde à l’opposition des prérogatives élargies qu’elle n’aurait jamais rêvées.
MSP: Beaucoup de bruit pour rien
Pour le Mouvement de la société pour la paix (MSP), la mouture finale du projet de révision de la Constitution, présentée mardi par le chef de cabinet de présidence de la République, Ahmed Ouyahia, ne traduit que les orientations du président de la République et de son entourage et n’inclue pas les idées consensuelles présentées par les partis de l’opposition.
Le parti de Abderrazak Makri estime également que la révision constitutionnelle a pris plus de temps qu’il ne faut, et qu’elle ne contienne ni les propositions écrites remises à la commission présidée alors par Abdelkader Bensalah, non plus celles présentées devant les médias présents lors de la conférence de Mazafran.
Pôle de changement: Les changements opérés par le pouvoir ne nous intéressent pas
Le Pôle de changement a réaffirmé que la révision de la Loi fondamentale actuellement ne constituait point une priorité compte tenu des gigantesques dangers qui guettent le pays, affirmant que la volonté populaire était bel et bien la source de tous les pouvoirs.
Pour lui, il est inacceptable que ce même pouvoir « illégitime » procède à quelques modifications que ce soient d’autant plus qu’il ait violé la constitution à plusieurs reprises…
Le Pôle de changement soutient que toute révision de ce genre exige un retour à la volonté du peuple, qui ne se fera que par le biais des élections propres et transparentes organisées par une commission nationale indépendante et permanente.
TAJ: La révision réalise un consensus
TAJ a estimé par la voix de son porte-parole, Nabil Yahiaoui, que la nouvelle constitution avait réalisé un consensus parmi les portis politiques à travers l’adoption des propositions faites par l’opposition.
TAJ se félicite également de la consécration de l’unité nationale à travers l’officialisation de la langue Amazighe, le renforcement de la démocratie ainsi que les libertés élargies accordées à l’opposition, entre autres, la liberté d’expression, la liberté de rassemblement, la liberté de s’exprimer devant les médias publics ainsi que la création d’une commission nationale, tant demandée par l’opposition, pour encadrer les élections de sorte d’assurer la transparence.
RCD: L’officialisation de la langue Tamazight est une victoire
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a salué quelques articles de la nouvelle constitution, et en a critiqué d’autres, notamment ceux relatifs à la mise en place d’une commission électorale indépendante qu’il qualifie de simples formalités qui ne répondent pas aux aspirations et aux revendications de l’opposition.
Pour ce qui est de l’officialisation de Tamazight, le RCD estime que c’est une satisfaction d’une revendication légitime et importante portée par plusieurs générations.
Mouvement de Ennahda: Une constitution décevante
Pour le Mouvement de Ennahda, la nouvelle constitution est décevante aussi bien pour le parti, pour les Algériens ainsi que pour la classe politique, notamment ce qui a trait à la consécration des libertés, la garantie d’une alternance pacifique au pouvoir et la garantie des élections transparentes.
Le Mouvement juge également que le pouvoir maintenait ses vielles pratiques en termes de débat et de la révision de la constitution loin de l’esprit du consensus politique qu’exige la conjoncture actuelle.
MPA: Le Président tient sa promesse devant le peuple
Le Mouvement populaire algérien (MPA) a soutenu que le président Bouteflika avait tenu sa promesse prise devant le peuple, et que la nouvelle constitution réponde à la majorité des revendications et des propositions faites par les formations politiques.
Le parti de Benyounès se félicite également de la prise en considération des propositions qu’il ait présentées, en l’occurrence celles relatives au renforcement du caractère démocratique et républicain de l’Etat algérien ainsi que le renforcement des mécanismes de surveillance des élections.