La patronne du FMI à Moscou pour parler de la crise de la dette européenne
La patronne du FMI, Christine Lagarde était lundi à Moscou pour s'entretenir avec le président Dmitri Medvedev de la crise en zone euro, pour laquelle la Russie a fait une offre d'aide financière, et des conséquences pour ce pays en cas d'effondrement des cours du pétrole.
Au début de leur rencontre, le chef de l’Etat russe a expliqué qu’ils discuteront en particulier des résultats du G-20 de Cannes, en France la semaine dernière, et dont les débats ont été largement dominés par les aléas de l’endettement de la Grèce et ses turbulences politiques. questions d’actualité pour l’économie mondiale et les résultats du sommet du G-20″, a indiqué Dmitri Medvedev.
Moscou, aux côtés de ses partenaires du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) a dit être prêt à participer à un plan d’aide à la zone euro via le Fonds monétaire international.
La Russie a évoqué pour ce qui la concerne un montant allant “jusqu’à 10 milliards de dollars”.
Mme Lagarde a dit de son côté, dans un entretien publié lundi par le quotidien Kommersant, qu’elle allait aborder “les problèmes sérieux” qui menacent la santé de l’économie mondiale, et donc celle de la Russie, très dépendante des cours du pétrole.
“Nous allons discuter des problèmes sérieux auxquels fait face l’économie mondiale, notamment ceux de la zone euro. Nos discussions concerneront aussi les conséquences de ces événements pour le développement économique de la Russie”, a-t-elle dit.
“Compte tenu du risque de ralentissement du rythme de croissance de l’économie mondiale, une des questions concrètes qui sera abordée est de savoir comment la Russie peut user des prix encore élevés du pétrole pour réduire les facteurs de sa vulnérabilité économique”, a relevé Mme Lagarde.
Les ventes d’hydrocarbures constituent en effet un pilier de l’économie russe (60% du total de ses exportations). Dès lors, si une crise grave devait frapper ses clients européens, qui sont parmi ses principaux partenaires commerciaux, la Russie pourrait être confrontée à une chute de ses revenus.
Ce scénario s’est d’ailleurs déjà produit en 2009, lorsque l’économie russe a connu une récession de 9%.
Concernant l’offre d’aide financière des pays du BRICS, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a maintenu lundi que ces pays étaient “prêts à participer aux efforts communs, notamment en débloquant des crédits selon les règles et les voies existantes au sein du FMI”.
“Mais on ne peut pas, simplement en débloquant des moyens financiers, régler un problème qui revêt un caractère systémique et qui concerne la stabilité et l’intégrité financière non seulement de la zone euro mais du système financier et de l’économie mondiale”, a-t-il déclaré.