La “stagnation” du Maghreb entravera l'Union pour la Méditerranée
Le projet d'Union pour la Méditerranée lancé par le président français Nicolas Sarkozy aura des difficultés à s'imposer à cause de la “stagnation” du Maghreb, a estimé l'ex-ministre marocain des Finances Fathallah Oualalou. “Il est certain qu’un Maghreb qui stagne n’aidera pas l’Union pour la Méditerranée à s’imposer”, a estimé M. Oualalou, économiste et membre du bureau politique du parti socialiste marocain USFP, dans un entretien au quotidien Libération publié samedi. “Le Maghreb est la seule région du monde où la logique régionale n’existe pas, la seule région où les frontières terrestres sont fermées”, a-t-il ajouté en allusion à la frontière algéro-marocaine fermée depuis 1994. L’ex-ministre relève toutefois que depuis la fin des années 1990, “les politiques économiques des pays maghrébins se rapprochent totalement”, citant des réformes économiques, un changement du rapport secteur public/privé et des accords avec l’Union européenne (UE) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). M. Oualalou s’est déclaré en faveur du projet de l’Union pour la Méditerranée. “Il s’agira d’un redéploiement du partenariat euro-méditerranéen (…) avec notamment un projet pour la sécurité, l’énergie, l’environnement et l’eau”, a-t-il dit. M. Oualalou a souhaité que les réconciliations avec leur passé, menées par le Maroc et l’Algérie, aient “un prolongement, celui de la réconciliation entre les deux pays”. “Il faut aller dans le sens du rapprochement et de l’intégration avec beaucoup de courage (…) pour nous permettre d’être des acteurs dans la Méditerranée”, a-t-il dit