La Turquie décidera prochainement du fournisseur d'un système de missiles
La Turquie choisira prochainement un système de missiles anti-aériens et anti-missiles de longue portée, au moment où la tension est brusquement montée avec son voisin syrien, qui a abattu un avion de chasse turc, a-t-on appris vendredi de sources diplomatique et médiatique.
Plusieurs entreprises sont sur les rangs pour ce contrat de 4 milliards de dollars (environ 3 milliards d’euros), principalement Raytheon et Lockheed Martin (USA), Rosoboronexport (Russie), CPMIEC (Chine) et Eurosam (France, Italie).
Selon le quotidien Hürriyet Daily News, une décision du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et des responsables militaires était attendue le 4 juillet, mais elle a été reportée sine die.
Elle pourrait être annoncée le 11 ou le 12 juillet, mais il s’agirait dans un premier temps d’une “pré-sélection” des candidats, selon une source diplomatique occidentale.
La tension est brusquement montée entre la Turquie et la Syrie, qui a abattu vendredi dernier un avion de combat F-4 Phantom des forces turques.
Selon Ankara, l’avion se trouvait dans l’espace aérien international au moment des faits, mais pour Damas, il se trouvait dans l’espace syrien.
Suite à cet incident, la Turquie a déplacé une batterie de missiles sol-air, des véhicules militaires et des blindés à la frontière avec la Syrie, selon les médias turcs.
La France, présente notamment dans Eurosam avec Thales, semblait jusqu’à présent exclue de ce marché d’armement turc, du fait des mauvaises relations entre Paris et Ankara, mais les choses ont changé avec l’élection en mai de François Hollande à la présidence française, a-t-on expliqué de source diplomatique occidentale.
“On est passé du statut d’outsider à un meilleur contexte”, a précisé cette source qui a requis l’anonymat.
M. Erdogan a annoncé le 21 juin la levée de sanctions contre la France à propos de la question du génocide arménien, manifestant sa volonté de tourner la page des tensions bilatérales qui avaient marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Après le vote d’un texte par l’Assemblée nationale française en fin d’année dernière réprimant la négation du génocide arménien sous l’empire ottoman (1915-1917), nié depuis toujours par la Turquie, Ankara avait annoncé la suspension de sa coopération politique et militaire avec la France.
Le Hürriyet Daily News estime par ailleurs que la Chine et la Russie ont peu de chances d’emporter ce marché de défense en Turquie, pays membre de l’Otan, ces deux pays ne faisant pas partie de l’Alliance.