“L’Algérie, de Gaulle et la bombe” aux Journées du film engagé
“L’Algérie, de Gaulle et la bombe” un documentaire du réalisateur algérien Larbi Benchiha, consacré aux conséquences des essais nucléaires français dans le Sahara algérien sur l’environnement et la santé de l’homme, a été projeté mardi soir à l’ouverture des Journées du film engagé d’Alger.
Des anciens négociateurs des Accords d’Evian, algériens et français, des historiens, des anciens militaires de carrière français et des anciens officiers de l’Armée de libération nationale (ALN) ont apporté leurs témoignages pendant 52 minutes pour dire toute l’atrocité de ces faits qui continuent toujours d’affecter la santé des populations. Réalisé en 2010, le documentaire tente, à travers ces témoignages accompagnés d’images d’archives et récentes, d’expliquer les raisons qui ont amené la France coloniale à entamer des essais nucléaires dans le sud algérien et d’y installer des bases atomiques à partir de février 1960 et de les poursuivre même après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Par “L’Algérie, de Gaulle et la bombe”, un deuxième film d’un projet de trilogie après “Vent de Sable : le Sahara des essais nucléaires”, le réalisateur a voulu remettre en mémoire ce sinistre chapitre de l’histoire coloniale de l’Algérie pour montrer, encore une fois, les conséquences dramatiques des radiations sur la santé des habitants de ces zones non encore décontaminées en entier. Dans une déclaration à la presse, Larbi Benchiha, réalisateur diplômé en philosophie à l’université de Besançon qui a travaillé comme journaliste pour la chaîne de télévision “France 3 Ouest”, a indiqué qu’il aspirait, à travers ses films, à expliquer certains “dysfonctionnements” politiques, historiques et sociaux afin de ne pas les banaliser. Concernant le cinéma engagé, le réalisateur a souligné qu’il s’agit d’une discipline artistique qui s’impose d’elle même car elle joue un rôle important dans la révélation et l’explication à l’opinion publique des mécanismes de différents domaines dont l’exclusion sociale, l’environnement et l’égalité des sexes. Dix-huit (18) films, longs et courts métrages, seront projetés à la cinémathèque d’Alger dans le cadre des Journées du film engagé. Des films franco-algériens, suisses, belges, américains et palestiniens seront à l’affiche tout au long des journées qui prendront fin le 5 décembre, à raison de trois projections par jour. Des rencontres avec les réalisateurs ainsi que des débats seront au menu de ces journées. Un regard particulier sera accordé à la Palestine à travers deux focus sur le cinéma palestinien au féminin avec une dizaine de courts métrages réalisés par des palestiniennes abordant les différents genres d’engagement outre celui relatif à la politique. Parmi les films sélectionnés figurent “Ecuador” du réalisateur suisse Jacques Sarasin, “Namibia” du réalisateur américain Charles Burnett, “Territoire perdu” du belge Pierre Yves Vandeweerd et “Commandante” de l’Américain Oliver Stone qui a été récemment honoré, lors de son passage remarqué à Alger.Le film “Poussière de vie” de Rachid Bouchareb est programmé pour la clôture.