Lamamra: «Nous n’avons pas discuté des présidentielles avec Kerry car c’est une question interne»
Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a infirmé avoir discuté du dossier des présidentielles avec son homologue américain John Kerry car c’est une question interne. Lamamra a, en outre, déclaré que l’Algérie ne participera pas avec ses forces armées dans des actions en dehors de ses frontières et John Kerry a affirmé que les Etats-Unis respectent ce principe tout en ajoutant que «le terrorisme ne connaît pas de frontières”.
Après l’ouverture des travaux de la 2e session du Dialogue stratégique algéro-américain, les deux ministres des Affaires étrangères ont animé une conférence de presse conjointe durant laquelle ils ont passé en revue les lignes des relations bilatérales entre les deux pays qui se sont renforcées et élargies encore plus ces dernières années grâce au développement du partenariat économique. En réponse à une question sur les préoccupations de l’Algérie sur les développements au Sahel, Kerry a affirmé que les Etats-Unis avaient un grand respect pour le principe de non-ingérence dans les affaires internes des autres pays toujours prôné par l’Algérie mais que le terrorisme n’a pas de frontières et ne les respecte pas et seule la participation de toutes les parties dans la lutte anti-terroriste est à même de l’éradiquer. Le secrétaire d’Etat américain a, en outre, mis en valeur «l’engagement de l’Algérie dans cette lutte mais il a appelé à développer le partenariat dans ce domaine avec plus d’efficacité pour assurer le développement et la stabilité».
Kerry a ajouté que les Etats-Unis et l’Union européenne ont adopté la requête faite par l’Algérie pour la criminalisation du paiement de la rançon et qu’il y’a d’intenses échanges entre les services de renseignements des deux pays car «l’Algérie est un partenaire important dans la lutte anti-terroriste et nous voulons renforcer sur le long terme ses capacités pour lutter contre Al-Qaîda en Afrique du Nord.
Ramtane Lamamra a, pour sa part, affirmé que la vision de l’Algérie sur la coopération dans le domaine de la lutte anti-terroriste s’appuie sur la protection des personnes et qu’il n’est pas possible dans ce sens de divulguer les détails des accords avec le partenaire américain dans cette lutte mais les pays voisins pourront toujours compter sur l’aide de l’Algérie en matière de formation, d’échange de renseignements et d’équipements militaire et l’Algérie ne peut être qu’un partenaire efficace en matière de lutte anti-terroriste mais loin de toute intervention militaire en dehors de ses frontières.
Quant aux préoccupations de la classe politique concernant le timing de la visite de Kerry qui coïncide avec la campagne électorale, Lamamra a affirmé que ces entretiens avec le secrétaire d’Etat américain n’ont à aucun moment abordé le sujet des élections présidentielles car c’est une affaire interne. Lamamra a par ailleurs infirmé l’allégation que le gouvernement avait retardé l’envoi des invitations aux observateurs européens et a soutenu que «les invitations pour l’UE et la Ligue arabe ont été envoyées au même temps et ils ont le droit de ne pas envoyer d’observateurs si leur budget ne le permet pas.»
Lamamra a ajouté que la visite de Kerry est une occasion pour traiter des problèmes arabes notamment la cause palestinienne et le dossier syrien ainsi que le Sahara Occidental affirmant que Kerry comprend la position de l’Algérie par rapport à cette question.