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L’ambassadeur des États-Unis en Algérie : « Washington est prêt à armer l’Algérie »

الشروق أونلاين
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L’ambassadeur des États-Unis en Algérie, Son Excellence Henry S. Enscher a dit que le réalisateur du film «Innoncence of muslim » qui a osé sortir ce genre de films souffre sans doute de troubles psychologiques, en le qualifiant de « stupide », car il n’a pas daigné respecter la réaction de son produit sur les sentiments des musulmans.

L’ambassadeur des États-Unis en Algérie a tenu également a salué l’engagement de l’Algérie à assurer la sécurité de leur ambassade et leurs ressortissants après les incidents ayant accompagné la mort de l’ambassadeur américain en Libye et la diffusion du film anti-islam.

Henry Enscher croit que si l’Algérie accepte les principes de Washington quant à l’armement des pays, un terme sera mis sur les réserves émises quant aux programmes d’armement à ce sujet, dont le dossier serait ouvert le 19 octobre prochain, dans le cadre de dialogue stratégiques entre les deux pays.

L’ambassadeur américain qui nous a reçus dans son ambassade à El Biar à Alger, a déclaré à Echorouk que les enquêtes sur l’assassinat de l’ambassade américain en Libye, n’ont pas encore débutées, en démentant en bloc les dires du président du Congrès national, Parlement libyen Mohammed Al-Megaryef, selon lesquels des Algériens auraient été impliqués dans cette affaire.

*Des dialogues stratégiques prévus entre l’Algérie et les États-Unis le 19 octobre prochain. Quels-sont les principaux points à débattre à ce sujet ?

Premièrement, nous allons parler du dialogue militaire commun qui ne date pas d’hier, au cours duquel nous nous axerons nos débats sur des questions et de la coopération militaire en général. Contrairement aux consultations précédentes, cette fois-ci on en parlera également des relations économiques et culturelles entre les deux pays.

* Est-ce que ça signifie que les États-Unis enlèveront les réserves émises au sujet des marchés d’armement conclus par l’Armée nationale populaire (ANP) ?

A ce sujet, il n’y a pas de conditions particulières à propos de cette affaire entre les États-Unis et l’Algérie. Nous, les États-Unis, vendons des armes à tous les pays, dont la loi américaine met des conditions, à savoir notamment comment elles sont utilisées.

En effet, nous avons des principes dans le traitement de ce sujet, en demandant des données sur les liens entre l’usage de ces armes avec les intérêts de notre pays et la protection des droits de l’homme.

C’est pourquoi, il existe d’ailleurs des conditions pour conclure de tels marchés. Une fois l’accord sur l’armement est signé avec n’importe quel pays, il y aurait aussi des liens permanents entre ce pays et le nôtre.

De plus, nos relations avec les Etats, ne se limitent pas sur l’armement mais elles le dépassent pour des relations politiques.

Nous voulons de meilleurs liens avec l’Algérie, et si celle-ci accepte nos principes, nous sommes prêts à renforcer efficacement la coopération entre les deux pays.

Lors des rencontres qu’on tiendra avec l’Algérie, le sujet d’armement sera au centre des débats, car je crois qu’il y a un sous-entendu à ce sujet entre les deux pays.

A mes yeux, ces rencontres permettront de faire de la lumière à ce sujet et d’échanger de visions. Nous ne devons pas ignorer la coopération entre les États-Unis et l’Algérie en matière de la sécurité et de la lutte anti-terroriste. L’Algérie a le choix sur différents types de coopération dans les divers domaines, comme celui d’échange de renseignements.

Ce sont de sujets à débattre dès les premiers rounds de dialogue stratégique entre les deux pays.

* Le commandant en chef de l’Africom (commandement des forces armées américaines en Afrique) le général Carter F. Ham, lors de sa visite en Algérie, a dit la position de Washington vis-à-vis de la crise malienne est de l’avis de l’Algérie qui soutient la solution politique et diplomatique dans ce pays. Si l’ONU décide d’intervenir militairement dans ce pays, Washington participe-t-il militairement à cette intervention ?

A présent, je ne connais pas la position de notre pays à ce sujet. Mais, nous aidons et allons coopérer avec le nouveau gouvernement au Mali et soutenir la création d’un gouvernement légitime à Bamako. Nous soutenons également les efforts du nouveau gouvernement de ce pays pour récupérer le contrôle du nord du pays. J’imagine qu’il y aurait des longues rencontres à ce sujet à New York et dans d’autres régions afin de trouver une solution à la crise malienne.

*Les troubles sécuritaires que connait la région du Sahel et l’Afrique, conduirait-t-il à délocaliser en Afrique la base d’Africom, notamment après la prolifération des armes, la crise au Mali et le contrôle du nord du Mali par les groupes terroristes ?

J’ai souligné à maintes reprises que la base d’Africom ne sera pas délocalisée de l’Allemagne. Je le confirme une nouvelle fois, que les États-Unis ne changeront jamais d’avis de délocaliser cette base vers le continent africain.

*Comment évaluez-vous les relations bilatérales entre l’Algérie et les États-Unis ?

Il y a un dialogue officiel au très haut niveau, et nos relations avec l’Algérie sont continuelles. Il y a des délégations algériennes aux États-Unis et des délégations américaines en Algérie.

Nous avons d’étroites relations avec l’Algérie que nous voulons consolider, car nous avons des intérêts. Tout cela dépendra de la volonté de l’Algérie, qui je crois elle a intérêt dans les relations bilatérales entre les deux pays, notamment les intérêts communs.

*L’Algérie, la Libye et d’autres pays de la région ont reçu une délégation américaine pour enquêter sur l’affaire de prolifération de missiles sol-air résultant de la crise libyenne. Où l’on en est aujourd’hui de ces enquêtes ?

Je me souviens que l’Algérie a mis en garde contre les répercussions de la crise libyenne, et a dit que cette crise favoriserait la dispersion et la prolifération des armes. C’était une juste analyse qu’ont faite les autorités algériennes, d’ailleurs aujourd’hui, on observe des armes partout dans les régions du Sahel et ailleurs.

Dire aujourd’hui qu’il est possible de contrôler les armes acheminées depuis la Libye et lesquelles sont éparpillées à grande échelle, est quasiment impossible.

Néanmoins, nous coopérons avec l’Algérie et d’autres pays de la région à trouver des moyens nécessaires à gérer la situation actuelle dans la région.

*Un responsable libyen a parlé d’implication d’Algériens dans la mort de l’ambassadeur américain en Libye. Où l’on en est des enquêtes menées ?

Il n’y a pas de nouveaux détails sur cette affaire. En réalité, les enquêtes n’ont pas encore commencé, et nous avons besoin de la coopération des autorités libyennes. Les enquêteurs ne sont pas à Benghazi, et nous ignorons au jour d’aujourd’hui l’identité de l’auteur du crime. Mais, continuons nos recherches jusqu’à l’identifier. Nous n’avons pas d’éléments sur l’implication de parties hors de la Libye dans l’opération ayant pris pour cible l’ambassade américaine à Benghazi. Nous allons coopérer avec les pays de la région pour atteindre les résultats escomptés.

* Quelle lecture faites-vous à la diffusion du film portant atteinte à l’image du prophète Mohammed (QSSSL) ?

Nous refusons tous genres de films portant atteinte à n’importe quelle religion. Nous, en tant qu’une partie, n’acceptons jamais ce genre de films, car nous reconnaissions le rôle de la religion dans la paix et l’Histoire. Malheureusement, il y a dans tous pays des gens qui ne se soucient pas de l’avis des gens. Ce sont en réalité des gens « stupides ». Le réalisateur du film portant atteinte à l’image du Prophète a des problèmes juridiques, et des problèmes dans son comportement.

*Parlons Votre Excellence des facilitations accordées par les États-Unis aux ressortissants algériens voulant partir dans votre pays, y a-t-il du nouveau à ce sujet ?

Il n’y a pas de difficultés, bien évidemment, et la demande des Algériens d’aller aux États-Unis a augmenté. Il n’y a d’ailleurs aucun souci à ce sujet, tout Algérien demandeur d’un visa dans notre pays, l’aura en l’espace de trois mois. En revanche, l’Algérie exige des Américains désireux de venir en Algérie d’avoir une invitation officielle ou avoir des relations en Algérie, ce qui est étrange.

Nous, aux États-Unis, n’exigeons de personne d’avoir une invitation officielle pour pouvoir venir dans notre pays. D’ailleurs, les Américains trouvent « étrange » cette condition imposée par les autorités algériennes.

Je me pose la question: Comment sont-ils-traités ceux qui n’ont ni invitation officielle ni connaissance en Algérie ?

Toutefois, les Américains ont eu cette idée d’inquiétude de venir en Algérie en raison de la sécurité et de la violence qui règne dans la région. A mon avis, c’est faux, et il est de la responsabilité de l’Algérie de donner aux Américains des garanties qu’il y a de la sécurité dans la région.

C’est évident, il existe des régions en Algérie et ailleurs qu’il ne faut pas visiter un moment donné.

Néanmoins, il y a très belles places et sites à visiter en Algérie, et nous en tant qu’ambassade, devons donner des assurances aux Américains de venir visiter ce pays.

Moi-même, j’ai invité plusieurs fois mes proches en Algérie.

*Pouvez-vous nous communiquer le nombre officiel d’Américains établis en Algérie, et d’Algériens établis aux États-Unis ?

Il y a entre 6 et 7 000 Américains qui se sont installés en Algérie. Un chiffre qui est à confirmer. La majorité d’entre eux travaillent en matière des hydrocarbures au Sud algérien. En revanche, il n’y a qu’une centaine qui travaille au niveau des entreprises publiques en ville.

Aux États-Unis, il y a mille d’Algériens installés à Boston et en Philadelphie et en d’autres territoires.

Récemment, nous avons constaté le retour de certains Algériens dans le pays pour voir les possibilités d’investir en Algérie en se focalisant sur l’expérience qu’ont acquise aux États-Unis.

*Vous avez visité plusieurs wilayas du pays. Comment vous les avez trouvées ?

J’ai visité actuellement 25 wilayas de votre pays. J’ai vu plusieurs régions où il y a de patrimoines historiques qu’on ne trouve pas dans d’autres pays.

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