Le CHU Beni- Messous se dote d'un laboratoire de traitement du syndrome d'apnée du sommeil
Le Centre hospitalo-universitaire “Issad Hassani” de Beni- Messous (Alger) vient de se doter d'un laboratoire pour le diagnostic et le traitement des malades qui souffrent de ronflements chroniques, appelé syndrome d'apnée du sommeil (SAS).
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Ce laboratoire, premier du genre en Algérie, installé au niveau du service Pneumo-Allergologie et Oncologie thoracique, dirigé par le Professeur Habib Douagui, est destiné à prendre en charge les malades qui ont un problème de ronflements chroniques dont souffrent 4% de la population dans le monde.
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Ces ronflements chroniques peuvent entraîner, selon le Pr Douagui, des complications de santé graves, telles que des problèmes cardio-vasculaires (hypertension artérielle, infarctus du myocarde), des accidents vasculaires cérébraux et des morts subites.
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L’apnée du sommeil est définie comme étant une pause momentanée de la respiration pendant le sommeil et associée à un ronflement, et lorsque ces apnées se répètent pendant toute une nuit, le sommeil est désorganisé. Les apnées surviennent chez 4 à 6% des adultes et également chez l’enfant. Elles peuvent survenir à tout âge, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
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A cela, il faudra ajouter d’autres conséquences qui peuvent être dramatiques, explique M. Douagui, citant les accidents de travail et les accidents de la route imputables à la somnolence diurne des malades porteurs de cette pathologie et dont les ronflements chroniques désorganisent le sommeil nocturne.
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“C’est pourquoi, il est impératif de diagnostiquer ces malades pour leur proposer des thérapeutiques qui ont fait leur preuve dans le monde”, a-t-il relevé.
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Le laboratoire prend en charge, dans un premier temps, quelque 15 malades, hospitalisés pendant 24 h pour subir, à travers quatre polygraphes et deux polysomnographes destinés au diagnostic et au traitement du syndrome, des tests de mouvement de ronflements dont souffrent 60% de malades chroniques et 40% de malades épisodiques.
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Le traitement se fait par un système d’appareillage de ventilation, à pression positive qui permet d’envoyer de l’air pour libérer les voies aériennes supérieures du malade, souligne le Pr Douagui, qualifiant d'”extraordinaire” l’amélioration de l’état du malade, au bout d’une semaine de traitement.
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Cependant, il a tenu à préciser qu’un “petit problème de tolérance peut subsister chez certains malades qui ne supportent pas cet appareil”, en raison, a-t-il dit, “de sa lourdeur et du bruit qu’il dégage”.
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La chirurgie constitue, de l’avis du Pr Douagui, l’ultime recours après l’échec des autres thérapies, pour le traitement de cette pathologie.
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“C’est une opération extrêmement lourde qui consiste en l’ablation de la glotte. Il s’agit d’une hiérarchisation des moyens de traitement, du plus simple au plus compliqué”, a-t-il mentionné.