Le Congo-Kinshasa au bord du précipice
Le chef de la rébellion congolaise brandit une nouvelle fois la menace de prendre la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, si le gouvernement refuse de négocier. Sur le terrain, la situation humanitaire dégénère même si les combats ont perdu en intensité.
- Le chef de la rébellion congolaise Laurent Nkunda a réitéré son appel à des négociations directes avec le gouvernement qu’il menace de renverser.
- Depuis la reprise des affrontements en août dernier, la situation humanitaire s’est aggravée. Des centaines de milliers de déplacés en République Démocratique du Congo sont confrontés à la maladie, à la faim…et voilà que l’armée régulière du pays devient un danger pour la population qu’elle est censée protéger. La mission des Nations-Unies (Monuc) signale en effet que des soldats de l’armée congolaise se livrent depuis lundi soir à “des pillages et des exactions” contre les civils dans la région de Kanyabayonga, dans l’est de la RDC.
- Le porte-parole de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich indique que des militaires ont également mis à sac d’autres villages, situés sur les routes reliant les localités de Kanyabayonga, Kaïna et Kirumba, et des cas de viols sont signalés.
- La suspension des combats entre la rébellion et l’armée gouvernementale aurait pu offrir un répit à la population désemparée au Congo, mais dans cette confusion, les soldats en ont décidé autrement et compliquent la situation déjà très grave.
- Aujourd’hui, le conflit menace de s’étendre dans la région et de provoquer un nouveau “Rwanda” surtout si Luanda et Kigali venaient à intervenir dans cette crise. Le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet, a pour sa part exclu l’envoi de troupes européennes en RDC. Et si les dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe ont annoncé que des Etats-membres pourraient, si nécessaire, envoyer des troupes de maintien de la paix, Nkunda met en garde contre une telle option.