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Le Drian: «Il est probable que les otages français soient dans la région de Kidal»

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Le Drian: «Il est  probable que les otages français soient dans la région de Kidal»

La France a indiqué jeudi que ses sept otages enlevés par des islamistes au Niger et au Mali en 2011 et 2012 étaient probablement dans les montagnes de la région de Kidal, dans l’extrême Nord-Est malien, au lendemain de l’arrivée de soldats français dans cette ville.

“Il est probable” que les otages “soient dans la région” du massif des Ifoghas au nord de Kidal, a déclaré sur la radio France Inter Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, ajoutant : “Nous ne perdons jamais de vue, ni d’esprit, ni de sensibilité le fait qu’il y a des otages français dans ce territoire.” Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l’enlèvement de quatre Français au Niger en septembre 2011, à Arlit au Niger, et de deux autres à Hombori, dans le nord du Mali, en novembre 2011. Un dernier otage a été enlevé près de Nioro, dans l’ouest du Mali, en novembre 2012 par un autre groupe islamiste, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Repli

L’armée française a pris position dans la nuit de mardi à mercredi sur l’aéroport de Kidal, qui, après Gao et Tombouctou, reprises en moins de trois jours du 26 au 29 janvier, était la dernière grande ville du Nord encore aux mains des groupes armés qui occupaient cette région depuis près de dix mois. “Les forces françaises sont à Kidal et tiennent l’aéroport. En attendant qu’elles et d’autres forces africaines puissent sécuriser la ville”, a affirmé Jean-Yves Le Drian. Quelque 2 000 soldats africains sont actuellement déployés au Mali aux côtés de quelque 3 500 militaires français.

Longtemps tenue par le groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) d’Iyad Ag Ghaly, ex-rebelle touareg, Kidal venait de passer sous le contrôle du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA, dissident d’Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg) quand les Français y sont arrivés. Le MIA a fait savoir mercredi qu’il s’opposait à la venue à Kidal de soldats maliens et ouest-africains. Experts et sources sécuritaires régionales pensent que c’est dans les zones montagneuses de l’Adrar des Ifoghas de la région de Kidal, berceau des Touareg proche de la frontière algérienne, que les combattants et chefs des groupes liés à Al-Qaida se sont repliés après avoir fui les raids aériens de l’armée française sur Gao et Tombouctou.

Que “mijote” l’adversaire ?

Interrogé sur une avancée des forces françaises “au-delà de Kidal” pour repousser les combattants islamistes, Jean-Yves Le Drian s’est refusé à toute précision. “La mission des forces françaises n’a pas changé : contribuer à restaurer l’intégrité et la souveraineté du Mali, c’est-à-dire sur l’ensemble de son territoire. Mais contribuer, pas seules, avec les forces maliennes et africaines”, a-t-il déclaré.

Sur Radio France International (RFI), le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, s’est de son côté interrogé sur la stratégie des groupes armés islamistes, se demandant “pourquoi il n’y a pas eu de combats, ce que l’adversaire mijote”. Les islamistes “se sont retirés des grandes villes pour ne pas se trouver coincés et ils ont dû se retirer pas très loin de ces agglomérations”, a-t-il ajouté. Concernant le volet politique de la crise malienne et la perspective de l’après-guerre, Dioncounda Traoré a déclaré : “Le seul groupe avec lequel nous pouvons envisager des négociations, c’est certainement le MLNA, à condition que le MLNA renonce à toutes ses prétentions territoriales.”

Rébellion laïque, le MNLA a renoncé à sa revendication d’indépendance du nord du Mali, d’où il avait été totalement évincé en juin 2012 par Aqmi et ses alliés, Ansar Dine et Mujao. Dioncounda Traoré a estimé que le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur ouest-africain dans la crise malienne, se “trompe” en pensant pouvoir négocier avec Ansar Dine, à l’origine de l’offensive du 10 janvier vers le sud du Mali qui a déclenché l’intervention de l’armée française. “Il est évident qu’Ansar Dine s’est disqualifié, il n’est plus éligible au dialogue, quel que soit par ailleurs le masque que certains d’entre eux ont décidé de porter désormais”, a affirmé Dioncounda Traoré, allusion au mouvement dissident MIA. Les députés maliens ont voté à l’unanimité la mise en place d’une “feuille de route” politique pour l’après-guerre qui prévoit une discussion avec certains groupes armés rejetant le “terrorisme” et la partition du Mali dans le cadre de la “réconciliation nationale”.

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