Le ministère du Commerce lève l’«immunité» des «spectres» d’importation
Le ministère du Commerce a porté pour la première fois un coup dur aux lobbies d’importation et aux spéculateurs qui ont imposé leur diktat sur les Algériens.
Une première! L’opinion publique algérienne découvre enfin le nombre d’importateurs de différents produits et marchandises et les quantités autorisées à l’importation.
Le ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune a instauré à travers ces mesures de la transparence et barré la route aux spéculateurs et à la surfacturation.
Sur un total de 44 opérateurs ayant déposé des demandes afin d’importer dans une première étape une quantité de 55.000 tonnes de bananes, La commission technique chargée de l’examen des demandes des opérateurs économiques activant dans le domaine de l’importation de bananes en accordé les licences à seulement 6 opérateurs (5 privés et une entreprise publique).
C’est dire que seuls six opérateurs ont répondu aux critères fixés par la Commission.
« La commission technique avait entamé le 19 mars dernier l’examen des demandes des opérateurs activant dans le secteur de l’importation de bananes conformément aux décisions de la commission interministérielle présidée par le secrétaire général du ministère du Commerce et regroupant des représentants des ministères des finances, de l’industrie et des mines, de l’agriculture et de la pêche et du commerce », a indiqué mardi un communiqué du ministère du Commerce.
Le même communiqué a ajouté que 38 opérateurs ont été exclus: 14 pour ne pas avoir exercé l’activité d’importation de bananes au cours des cinq dernières années, 10 pour avoir proposé des prix non conformes au prix de référence (650 dollars/tonne), 11 pour ne pas avoir rempli les critères fixés par la commission lors de la sélection des opérateurs importateurs et trois autres pour leur implication dans des affaires de spéculation et figurant sur le fichier des spéculateurs.
En effet, la Commission a fixé un certain nombre de critères, à savoir l’expérience de 5 ans minimum dans la pratique de cette activité, bilans fiscaux annuels à l’appui, et l’obligation pour l’opérateur de disposer, au nom de la société, d’investissements dans le domaine de la production et le conditionnement de fruits.
Outre ces critères, l’opérateur doit également importer le fruit du pays d’origine, de manière régulière et directe, sans intermédiaire, avec obligation d’assurer le transport via des navires aménagés à cet effet, s’assurer de la qualité du produit importé et de sa conformité aux normes phytosanitaires ainsi que l’obligation de proposer le produit à la consommation à des prix raisonnables.