Le pétrole chute, les craintes augmentent!
Le prix du baril de pétrole a enregistré mercredi une chute spectaculaire et sans précédent en passant sous la barre des 39 dollars, soit une baisse de 6 dollars par rapport au prix référentiel
De quoi inquiéter davantage les experts qui n’ont de cesse d’alerter sur l’effritement des réserves de change et l’épuisement du Fonds de régularisation des recettes (FRR).
Mustapha Benkhemou, expert énergétique et ancien directeur du groupe Sonatrach prévoit une persistance de la crise du pétrole eu égard des indicateurs actuels sur le marché mondial de pétrole, insistant sur le fait que ce qui se passe actuellement « est loin d’être semblable à ce qui s’était produit en 1986 où les prix avaient chuté des années durant avant de grimper de nouveau ». « La crise pourrait se poursuivre durant au moins vingt (20) ans », affirme-t-il.
Pour lui, la cause s’explique par le fait que les États-Unis passent du statut d’importateur à celui d’exportateur du pétrole, ajoutant que le problème de Sonatrach réside dans le coût élevé de la production estimé à 20 dollars le baril. En d’autres termes, Sonatrach ne gagne que19 dollars pour chaque baril vendu.
En outre, l’expert souligne que les revenus du pétrole ne devraient pas dépasser cette année les 25 milliards de dollars, ce qui augmente les risques d’épuisement des réserves de change de pays dans un an au lieu de deux comme prévu par le FMI, tout comme le FRR.
Face à cette situation, Benkhemou a interpellé le gouvernement à agir vite afin de trouver de nouvelles alternatives, qualifiant de logiques les augmentations des prix d’électricité et du carburant prévues à la loi de finances (LF 2016) ajoutant que l’Algérien ne produit presque plus rien, y compris le « pain » qu’il consomme au quotidien.