Le «populisme» s’impose dans les discours des candidats
Les promesses des cinq candidats à la présidentielle du 12 décembre prochain sont plutôt empreintes de populisme, dont le but étant de séduire des électeurs appartenant à la classe moyenne.
D’ailleurs, les prétendants en lice s’engagent quasiment tous à revoir les salaires à la hausse, à supprimer les impôts, à réguler les prix, tout en se démarquant du système incarné par l’ancien président poussé à la démission.
«Nous ne faisons pas partie de la issaba (bande». Telle est leur devise mise en avant, tout en se dédouanant de toute responsabilité quant aux décisions prises par le passé.
Après une première semaine de campagne, experts et observateurs s’accordent à dire que les discours politiques des cinq candidats sont plutôt «en deçà des attentes, voire décevants», dont certains sont allés jusqu’à juger que ces derniers essuient un échec cuisant en matière de séduction des citoyens.
Entre promesses « irréalisables et populistes », les candidats peinent à fédérer des foules et à convaincre les citoyens, en se contentant à se défendre en affirmant être « des victimes de l’ancien système ».
A ce propos, Laid Zeghlami, enseignant à l’Ecole supérieure du journalisme à Alger a estimé que tous les candidats qui appartenaient au régime de Bouteflika, dont certains avaient occupé de postes de responsabilité, tentent de justifier leurs appartenances.
Pour l’enseignant universitaire, la campagne électorale pour le prochain scrutin s’illustre des précédentes car elle n’est pas fabriquée ni truquée bien qu’elle se déroule dans un climat tendu, estimant que les prétendant usent de discours populistes en s’adressant au peule.
Selon Zeghmali, la question cruciale qu’on doit se poser c’est «comment convaincre le citoyen de se rendre aux urnes le 12 décembre prochain ? », soutenant que les prétendants manquent d’innovation et que leurs discours n’apportent rien de nouveau.
Le meilleur moyen pour s’adresser aux citoyens, estime-t-il, c’est d’adopter un langage direct et d’éviter les discours ennuyeux.
Abondant dans le même sens, Redouane Bouhidel, enseignant des Sciences-po a dit que les discours véhiculés par les candidats sont marqués par le populisme, voire ambigus.
L’enseignant de Sciences-po a estimé que les prétendants tentent de se démarquer de la « issaba » et d’amadouer le Hirak.
Pour lui, il s’agit là d’une erreur en matière de discours politique car « la conscience de la rue n’admet pas les paroles de celui qui dit être la première étincelle du Hirak », non plus les termes choisis pour louer l’institution militaire qui n’en a pas besoin.
«Il ne faut pas ternir l’image de l’Armée par des discours politiques flatteurs à l’endroit de celle-ci qui ne servent ni l’Institution ni son image aux yeux des électeurs et de l’opinion publique internationale », a-t-il insisté.
De l’avis de Bouhidel, le candidat courageux qui va à la rencontre du citoyen et lui tend l’oreille à ses doléances et ses préoccupations aura plus de chances de remporter les élections.
Asma Bahlouli / Traduit par: Moussa. K.