Le Qatar refuse de livrer le vice-président irakien à Bagdad
Le Qatar a affirmé mardi qu’il refusait de remettre aux autorités irakiennes le vice-président irakien Tarek al-Hachémi, poursuivi par la justice de son pays et présent en territoire qatari.
“Les normes diplomatiques et les fonctions de M. Hachémi empêchent le Qatar de procéder à cela”, a déclaré le ministre d’Etat aux Affaires étrangères Khaled al-Attiya, interrogé lors d’une conférence de presse sur la demande irakienne de lui livrer M. Hachémi.
“M. Hachémi est venu en sa qualité de vice-président, ce qu’il est toujours. Il n’a pas été limogé de son poste et n’a pas été condamné”, a-t-il ajouté.
Le vice-Premier ministre irakien Hussein Chahristani a jugé lundi “inacceptable” que le Qatar ait accueilli sur son sol M. Hachémi, recherché par la justice de son pays qui le soupçonne d’avoir dirigé un groupe de tueurs.
“L’accueil par le Qatar d’une personne recherchée est un acte inacceptable et le Qatar (…) doit le renvoyer en Irak”, a dit M. Chahristani.
“M. Hachémi est venu d’Irak et il n’est pas sage de le renvoyer en Irak. Notre position est claire et on espère qu’elle sera comprise par nos frères irakiens”, a rétorqué le ministre d’Etat du Qatar.
M. Hachémi a lui même jugé lundi à Doha illégale et inconstitutionnelle la demande de Bagdad. “Il n’y a aucune décision de la justice irakienne à mon égard et cette demande contredit l’immunité dont je jouis conformément à l’article 93 de la Constitution”, a-t-il déclaré à l’AFP.
Le vice-président irakien a rencontré lundi l’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, et indiqué qu’il comptait se rendre, après sa visite à Doha, dans d’autres capitales de la région sans les préciser, avant de regagner le Kurdistan d’Irak, région autonome, où il réside depuis décembre.