Le rêve d’Arafat au stade de rêve
Plusieurs milliers de palestiniens se sont réunis en Cisjordanie mardi pour marquer le quatrième anniversaire de la mort de Yasser Arafat. Le Hamas a pour sa part interdit les manifestations dans la bande de Gaza qu'il contrôle. La division a prévalue sur cette commémoration symbole.
- Quatre ans après la disparition du leader palestinien incontesté, Yasser Arafat, la paix dans la région est toujours au même stade. Pire, le fossé qui se creuse de plus belle entre factions palestiniennes rivales, hypothèque en partie la création d’un état palestinien.
- La commémoration qui aurait du unir la Palestine a ravivé les tensions entre le Hamas et le Fatah.
- A Gaza, sous blocus, les forces de sécurité du Hamas qui contrôle la bande, ont empêché les palestiniens de se rassembler pour marquer cette date, alors qu’en Cisjordanie, la cérémonie commémorative a servi de tribune au Fatah pour diriger des attaques virulentes contre le parti de Haniyeh.
- Le successeur de Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a estimé lors d’un discours que le Hamas “n’est pas sérieux” pour une réconciliation interpalestinienne et que “les pays arabes devraient intervenir pour le condamner”, faisant référence au boycott du Hamas de la rencontre de réconciliation qui devait se tenir lundi dernier en Égypte.
- Abbas ne tarit pas d’éloges envers du chef historique Yasser Arafat qui de son vivant, n’a jamais eu droit à l’amitié de l’actuel président palestinien. Un président palestinien d’ailleurs très controversé. De nombreuses voix en effet reprochent à Mahmoud Abbas d’être complaisant avec “l’ennemi”, notamment Israël et les États-Unis, allant jusqu’à soigner ses discours pour ne pas provoquer leur courroux. Abbas, pour faire plaisir, est allé jusqu’à écarter le Hamas qui avait pourtant largement remporté les législatives. Mahmoud Abbas, n’a rien à voir avec son prédécesseur qui a tenu tête des années durant et qui n’a pas fléchi devant les exigences de l’occident sauf peut-être le relâchement observé les quelques années avant sa disparition, rien à voir toutefois avec la condescendance d’Abbas.
- De nombreux palestiniens considèrent que la mort d’Arafat, ce protecteur du peuple, est la principale cause des divisions entre la Cisjordanie et Gaza et constatent amèrement aujourd’hui qu’ils ne sont pas plus proches de l’indépendance qu’ils ne l’étaient au moment de la disparition d’Arafat, le rassembleur.
- Le rêve d’Arafat qui était de voir Jérusalem, capitale de l’état palestinien semble s’éloigner, alors qu’aux municipales en Israël, tous les candidats se battent pour consacrer cette ville “capitale indivisible et éternelle de l’Etat d’Israël”.