Le trésor public perd annuellement 1400 milliards : Le tabac frelaté menace la santé des algériens
Les chiffres de la Société Nationale du Tabac et Allumettes révèlent que le marché parallèle du tabac à chiquer (chemma) atteint 200 millions de sachets non autorisés qui sont produits et se vendent en dehors des conditions et des normes de santé sans qu’aucun impôt ne soit versé au trésor de l’état.
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Les taxes imposées sur le tabac à chiquer sont des taxes de consommation interne évaluées à 15 dinars algériens et l’impôt supplémentaire de 6 dinars sur le sachet, en plus la T.V.A. de 17% sur le prix de chaque sachet. A l’aide d’un simple calcul, nous arrivons à déterminer que la vente de 200 sachets de chemma sur le marché parallèle équivaut à une fraude fiscale d’au moins 400 milliards de centimes, constituant un manque à gagner pour le trésor public.
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La consommation nationale de tabac à chiquer oscille selon les chiffres de la SNTA entre 600 et 700 millions de sachets par an. C’est la quantité que cette société produisait antérieurement à l’année 2000, étant la seule agréée pour la production de ce genre de tabac. Mais depuis 2000 à ce jour, les ventes de la SNTA ont régressé en raison de la multiplication de la vente au noir, n’atteignant plus que 370 millions de sachets par an alors que le reste du marché a été accaparé par des fabricants non agrées activant dans diverses wilayas du pays.
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Said Khalef, membre du conseil d’administration de la SNTA, a révélé à Echourouk, que le tabac à chiquer qui se vend illégalement a été analysé dans le but de connaître les composants utilisés par les ateliers qui ont envahi le marché national. Il est apparu que ce tabac contient des produits cancérigènes.
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Les analyses ont effectivement déterminé la présence de poudre de marbre et de chaux qui sont deux produits utilisés par les ateliers de fabrication de tabac pour donner la couleur naturelle. Ce tabac est conditionné dans des sachets portant une étiquette indiquant une date de fabrication donnant l’impression que ces étiquettes sont officielles et autorisées alors que tout le monde sait que la production de chemma est exclusivement réservée à la SNTA et que les petites industries du tabac activent au noir. Les analyses ont aussi démontré que le tabac qu’elles produisent contenait une forte proportion de nicotine, de goudron, de déchets du tabac et même des débris de bois.
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Le même responsable a indiqué que la prolifération de ces ateliers hors la loi est en partie due à la facilité de production de ce tabac de large consommation qui ne nécessite pas une haute technologie. Donc de nombreuses familles le fabriquent à domicile, ce qui leur assure un revenu quotidien pendant que d’autres ont monté de petites entreprises sans que nul ne s’acquitte des impôts.
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Cet état de fait est encouragé par la disponibilité de la matière première bien que la SNTA ait conclu un accord avec les producteurs distributeurs de tabac des différentes wilayas pour rester l’acheteur exclusif de leurs productions. Hélas, ces derniers ne respectent pas cet accord et réservent une partie de leur tabac au marché parallèle.
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Les cigarettes « Légend » provoquent le cancer
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D’autres études diligentées par la SNTA démontrent que les cigarettes « Légend » qui ont investi le marché algérien sont toutes des cigarettes de fraude et les analyses ont déterminé que ce ne sont point des cigarettes à tabac blond comme indiqué mais qu’elles contiennent un mélange de tabac blond et brun et une forte dose de goudron de sorte qu’une seule cigarette en contient 20 milligrammes en plus de 1 milligramme de nicotine ce qui la rend cancérigène ; alors que la cigarette « Rym » ne contient pas plus de 16 milligrammes de goudron et moins de 1 milligramme de nicotine.
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Les cigarettes contrefaites engendrent une perte de mille milliards
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Une enquête menée par un bureau d’études français, et mise à jour par la SNTA, montrent que les algériens consomment entre 1 milliard 250 millions et 1 milliard 300 millions de paquets de cigarettes par an dont 850 millions de paquets produits par la SNTA tels Algéria et Rym, et 160 millions importés en marques étrangères tels Marlboro, Gauloises et Winston, alors que le reste évalué à 300 millions de paquets entre au pays par la contrebande.
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Said Khalef, membre du conseil d’administration de la SNTA révèle que le marché légal des cigarettes représente entre 65 et 70% du marché global, le reste est représenté par le marché informel et que toutes les études font état d’une augmentation annuelle de 3 à 4% du nombre de fumeurs en Algérie.
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Les Algériens consomment 300 millions de cigarettes contrefaites
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Notre interlocuteur ajoute que les chiffres résultant de l’étude indiquent 300 millions de cigarettes consommées en Algérie sont d’origine inconnue et si l’on calculait la taxe de consommation de 25 dinars algériens sur chaque paquet, le manque à gagner serait de 7 milliards 560 millions de dinars sans compter la T.V.A. de 17% et la taxe supplémentaire de 6 dinars par paquet. Le total de la fraude fiscale se monterait à 1000 milliards de centimes soit 10 milliards de dinars algériens. Par conséquent, avec la chemma, la fraude dépasserait les 1400 milliards de centimes.
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Le même responsable indique que les marques autorisées à la vente sont de 10 seulement dont cinq sont produites localement par la SNTA. Mais si nous faisions un tour sur le marché, nous trouverions toutes les marques étrangères sauf que 95% d’entre elles ne sont pas d’origine car les seules cigarettes d’origine sont importées par STAEM, un importateur dument autorisé. Reste que les cigarettes de contrebande ne portent pas d’indications sur l’identité de l’importateur.