Le veuf de Benazir Bhutto se présente à la présidence du Pakistan
Sa candidature était attendue, elle désormais officielle. Asif Ali Zardari, le veuf de l'ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto, a annoncé, samedi 23 août qu'il se présentait à la présidence de la République pour succéder à Pervez Musharraf. “M. Asif Zardari a accepté de participer à l'élection présidentielle après avoir été désigné à l'unanimité par son parti”, le Parti du peuple pakistanais (PPP), a annoncé à la presse le secrétaire général adjoint de cette formation, Raza Rabbani qui souligne que M. Zardari a été choisi en hommage à son épouse tuée dans un attentat au cours d'une manifestation en décembre 2007.
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Le Pakistan doit élire, le 6 septembre, le successeur de M. Musharraf. Selon la Constitution pakistanaise, le nouveau chef de l’Etat est désigné par les deux assemblées parlementaires réunies en congrès et par les quatre assemblées provinciales. Les candidatures seront validées le 28 août et aucun retrait ne pourra être accepté après le 30 août. “Nos partenaires ont été informés de cette décision et nous sommes optimistes que la coalition restera intacte”, a assuré le secrétaire général adjoint du PPP, le principale formation au sein de la coalition gouvernementale.
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Pourtant, dans une première réaction, le porte-parole de la Ligue musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), deuxième pilier de la coalition gouvernementale et parti de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, a déclaré qu’il s’agissait de “la décision du seul PPP et en aucun cas celle des membres de la coalition”. Depuis plusieurs semaines, le PPP et M. Sharif s’opposent sur d’importants dossiers. Nawaz Sharif avait prévenu qu’il soutiendrait la candidature de M. Zardari à la condition que le nouveau chef de l’Etat renonce à son droit – instauré par Musharraf – de dissoudre le parlement. “Nous ne voulons pas d’un président civil avec les mêmes pouvoirs que Musharraf”, a réaffirmé à ce propos le porte-parole du PML-N, Siddiqul Farooq.
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Autre point de négociation : le sort de 60 juges de la Cour suprême du Pakistan, évincés par M. Musharraf. “Notre principale priorité est le rétablissement dans leur fonction des juges, et nous voulons que cela soit fait lundi”, a insisté M. Farooq. Nawaz Sharif demande que les deux parties négocient une résolution ordonnant la réintégration des 60 magistrats évincés par l’ex-président et qu’elles la présentent dès lundi devant le parlement. Selon le secrétaire général adjoint du PPP, les juges seront bien “rétablis dans leur fonction”, mais un calendrier sera annoncé ultérieurement. Et si les négociations devaient durer, même sans les voix du parti de M. Sharif, le PPP peut compter sur celles des autres petits partis de la coalition pour faire élire M. Zardari et continuer à gouverner. Cette élection pourrait alors mettre fin à l’instabilité politique dans laquelle le Pakistan est plongé. L’allié-clé de Washington dans sa “guerre contre le terrorisme” depuis septembre 2001, devra alors relever d’autres défis : le pays confronté à une vague de violences sans précédent, avec la montée en puissance des talibans dans les zones tribales traverse actuellement une crise économique majeure.