Le Zimbabwe toujours dans l’impasse
La formation d’un gouvernement d’union est une nouvelle fois ajournée. Les dirigeants de la Communauté de Développement d’Afrique Australe (SADC) n’ont pas réussi à faire entendre raison aux protagonistes zimbabwéens.
- Les dirigeants de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), réunis en sommet extraordinaire dimanche à Johannesburg ne sont pas parvenus à débloquer la crise politique au Zimbabwe. Les négociations relatives à la formation d’un gouvernement d’union butent sur l’attribution des portefeuilles ministériels, chacune des parties voulant s’adjuger les postes-clés pour asseoir son pouvoir. Vaincus, les chefs d’états de la SADC ont fini par plier devant le président au pouvoir Robert Mugabe et renvoyer la balle à l’opposition.
- Le chef de l’opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai n’a pas été dupe et a immédiatement rejeté les résolutions du sommet d’Afrique Australe. La Communauté recommandait particulièrement le partage du contrôle du ministère de l’intérieur dont dépend la toute-puissante police proche du régime.
- Tsvangirai s’est dit “choqué et attristé” par la résolution adoptée par la SADC. Son parti, le MDC, réclame le ministère tant convoité, dans la mesure où la Zanu-PF de Mugabe, s’est arrogée le portefeuille de la Défense sans attendre la fin des négociations sur la répartition des postes. Hors de question pour Tsvangirai de faire cette concession.
- La SADC est passée à côté de la solution et a pris parti pour Mugabe qui a obtenu ce qu’il voulait, c’est à dire l’injonction de former un gouvernement. Tsvangirai ne s’avoue toutefois pas vaincu et réitère son engagement pour parvenir à une entente sur le partage du pouvoir. Il compte maintenant sur l’Union Africaine et l’ONU pour la mise en place de l’accord de gouvernement d’union signé le 15 septembre dernier.
- Pendant ce temps, le pays est plongé dans le désarroi. La population est malade, souffre de chômage et risque de mourir de faim tant qu’il n’y a pas de gouvernement qui puisse se consacrer au développement interne.