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«Lemhiba», d’une délicate attention à un véritable test  pour mesurer  la  considération de  sa promise!

Echoroukonline
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D.R

Le mariage algérien, est précédé d’une série de rituels qui commencent par l’officialisation préliminaire de l’union entre deux familles, qui ne prendront fin qu’après la cérémonie du mariage. Le casse-tête des heureux élus commence, par «Lemhiba» (la dot), une  tradition bien ancrée dans notre société et qui avait pour objectif de prouver son intérêt à sa promise et renforcer les liens. Aujourd’hui,  cette tradition est considérée comme un fardeau très difficile à porter par l’homme. Au nom de «Lemhiba», le futur mari est appelé à  fournir sans cesse pour faire plaisir à la mariée et à sa famille, c’est à qui mieux mieux, ce qui a fait de cette coutume une véritable course à la conquête.

L’Aïd et autres occasions sont sacrés, et ce serait une insulte à toute la famille de  la fille de  laisser passer  de tels événements sans  les précieux cadeaux, preuves…Une sorte de test  pour mesurer  la  considération et l’estime  de  la nouvelle recrue de la belle famille.

Autrefois,  pour l’Aïd Al Adha par exemple, le fiancé consacrait une part du mouton (sacrifice), et une belle assiette de gâteaux traditionnels à sa future femme, cela envoyait un message bien précis; «Tu es de ma famille, donc voici ta part», ce qui prenait tout son sens à cette époque.  Mais cette attention a pris une autre dimension de nos jours. Pendant la période de fiançailles, c’est tout un budget qui est consacré à ces fêtes là, car les standards ont changé, plus le cadeau est gros, plus cela voudrait dire que la fiancée est chère à son cœur, plus la belle famille est conquise… Il faut donc impérativement aller vers l’achat d’un bijou en or, de chaussures en cuir, un vêtement de luxe, un parfum de marque… Bref, il faut mettre le paquet, et cela déterminerait aussi le savoir-faire et les goûts raffinés du futur époux.

:Témoignages

Ce ou ces cadeaux pourraient même changer le cours de la relation.  Le cas de Farida, 23 ans, qui raconte son expérience après des mois de fiançailles: «A l’Aïd Al-Fitr, j’étais si heureuse de recevoir ma belle famille, tout s’est très bien passé…Puis en présence de mes sœurs et belles sœurs, j’ai ouvert le cadeau que mon fiancé m’avait promis depuis des jours, et dont il m’avait dit que sa mère et ses sœurs s’occuperaient de choisir avec soin, je suis tombée des nues, j’étais tellement gênée! Le cadeau était en réalité une paire de chaussure beaucoup trop grande pour moi et un sac à main déjà porté et utilisé, une situation qui m’a embarrassé poussé à l’appeler pour mettre fin à notre relation et lui demander de venir récupérer ce fameux cadeau.

Au moment où certains futurs mariés passent par toutes ces étapes financièrement difficiles, ils doivent aussi penser à économiser et rationaliser les dépenses pour assurer les grosses dépenses du jour “J”, alors que la future femme l’oblige à acheter des cadeaux coûteux pour les montrer à la famille et aux amis, mais aussi pour les partager sur les réseaux sociaux, ou encore pour se débarrasser de cet achat dans sa liste de choses à avoir dans son trousseau.  Un comportement qui déplaît fortement à grand nombre d’hommes qui prennent la chose comme de «l’opportunisme».

A ce propos, Yasmine nous confie : «J’ai demandé à mon futur mari de m’acheter quelques soins cosmétiques et du maquillage de grande marque, que j’utiliserai lorsque sa famille viendra me voir le jour du “Mawlid Al Nabawi Al Charif”,  cela m’importe peu qu’il traverse une mauvaise passe, c’est un devoir et je n’excuserai pas qu’il rate la moindre occasion pour me faire plaisir».

De l’autre côté, dans un magasin de prêt à porter pour femmes, nous avons rencontré Sadek. Celui-ci choisissait une tenue à un prix plutôt raisonnable pour sa moitié. Il affirme qu’à ses yeux “Lemhiba” devait être un geste symbolique qui n’allait pas l’obliger à s’endetter pour être accepté de la fille et de sa famille.

Une fois sa main  accordée, la fille est à la charge du fiancé, contraint -coutumes obligent- de lui offrir  des cadeaux. Vêtements, bijoux en or, parfums… l’on n’hésiterait  pas  à user et abuser des  marques mondialement connues pour mériter sa dulcinée. Un conseil: plus la période de fiançailles, est courte, moins d’occasions de débourser de l’argent il y aura!

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