Les Algériens se déchirent autour du week-end
Les affaires avec l’Occident modifient le rythme hebdomadaire installé en Algérie. De plus en plus de sociétés avancent le congé hebdomadaire d’un jour.
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Le week-end algérien, les jeudi et vendredi, résiste mal au libéralisme. De plus en plus d’entreprises privées abandonnent le week-end officiel et optent pour un nouveau repos hebdomadaire, les vendredi et samedi.
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Dernière en date, la filiale algérienne de l’allemand Siemens, le 11 février: ses salariés se reposeront désormais vendredi et samedi au lieu de jeudi et vendredi. D’autres ont déjà franchit le cap: Air Liquide Algérie, la Nouvelle conserverie algérienne (NCA), Arcelor-Mittal Algérie…
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Les travailleurs des banques et compagnies d’assurances, publiques et privées, se reposaient déjà le vendredi et samedi. Le passage au week-end semi-universel est soutenu par le Forum des chefs d’entreprises (FCE), principale organisation patronale du pays, et le puissant syndicat UGTA (Union générale des travailleurs algériens).
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Les patrons et les syndicalistes justifient leur soutien à une modification du week-end par des considérations économiques. En effet, instauré en 1976 quand le pays vivait sous un régime socialiste panarabe, le week-end algérien pénalise fortement l’économie du pays. Les opérateurs locaux ne travaillent que trois jours par semaine (lundi, mardi et mercredi) avec l’étranger.
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Résultat: selon les estimations de la société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale), l’Algérie perd chaque année près d’un milliard de dollars à cause du décalage entre le congé hebdomadaire local et le week-end en vigueur dans les pays occidentaux, avec lesquels les Algériens réalisent l’essentiel de leurs échanges commerciaux.
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«Lutte contre le terrorisme»
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Mais les arguments du FCE et de l’UGTA n’ont pas convaincu le gouvernement. Ce dernier, tout en laissant aux entreprises le choix de décider, refuse de modifier officiellement les journées de repos hebdomadaire. Il veut ainsi éviter de mécontenter les islamistes. Pourtant, les autorités avaient sérieusement envisagé, durant les années 90, de revenir au week-end universel, en vigueur avant 1976, pour lutter contre l’influence des extrémistes radicaux.
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A l’époque, le pays était ravagé par le terrorisme qui a fait plus de 150 000 morts, en majorité des civils. Aujourd’hui, les terroristes ont moins d’influence sur la société. La sécurité connaît un mieux, même si les groupes armés continuent de commettre des attentats.