Les consulats de France en Algérie battent tous les records : les Algériens ont payé 12 millions d’euros, dont 4 millions pour des dossiers refusés
Selon le rapport 2009 de l’association « Cimade », une organisation oecuménique d'entraide française qui fonctionne comme un service spécialisé dans la défense des étrangers migrants, en voie d'expulsion ou demandeurs d'asile, les Algériens ont déboursé l’équivalent de 12 millions d’euros dans des dossiers de demandes de visas au profit des consulats de France en Algérie, dont 4 millions pour des dossiers qui ont été rejetés.
L’association, qui a fait la révélation jeudi, devant les médias français, affirme que ce genre de pratique est devenu un moyen lucratif pour l’Etat français pour gagner de l’argent. Au total, se sont 2 millions d’étudiants dans le monde qui ont déboursés 130 millions d’euros aux consulats français, dont 13 millions d’euros qui seront déboursés « pour rien » puisque leurs dossiers seront rejetés.
Sous le nom de « visa refusé », un chapitre du rapport cite des sources de terrain, appuyées par des données d’Algérie, du Mali, de la Turquie, du Sénégal et du Maroc, soit six pays ciblés par ce rapport.
Dans un autre volet, le consulat français d’Annaba vient en tête des consulats français dans le monde pour le refus d’accorder des visas, occupant la 1e place avec 47,81 % de l’ensemble des visas refusés. En 2e position vient le consulat français à Alger avec 43,98 % des refus, puis celui d’Agadir, au Maroc, avec 27,92 % de « non » aux visas.
Les trois consulats de France en Algérie, implantées à Alger, Annaba et Oran, traitent quelque 200 000 dossiers de demandes de visas par an, soit 10 % de l’ensemble des demandes de visas pour la France exprimées dans le monde. Jusqu’à une date récente, la demande algérienne était la plus forte au monde, mais un flux de demandeurs russes place la Russie en tête des demandeurs de visas pour la France. Cependant, l’Algérie détient le taux le plus élevé de « non » exprimés par les consulats au sujet de dossiers d’Algériens.
Dans un autre volet, la rapport dit que les demandeurs de visas algériens, y compris les avocats, les hommes d’affaires et les cadres supérieurs, sont les moins informés concernant les recours et les moyens de revenir « à la charge » pour obtenir légalement un visa.