Les députés pour bâillonner la presse !
Les députés ont vivement critiqué dimanche les différents organes de presse, notamment la presse écrite, qu’ils accusent de ne pas avoir parfaitement rempli la mission qui lui incombe et de ne s’intéresser qu’à rapporter tout ce qui est négatif.
De ce fait, certains députés sont allés même à demander de revoir le concept de « la liberté d’expression » en mettant de lignes rouges à ne pas franchir par les chaînes de télévision indépendantes.La journée parlementaire initiée par le groupe parlementaire du Rassemblement national démocratique (RND) à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse coïncidant avec le 3 mai de chaque année, était une aubaine pour certains parlementaires pour s’en prendre à la presse écrite qu’ils accusent de ne pas avoir accompli la mission qui lui incombe, bien qu’elle représente le 4e pouvoir, et critiqué la manière dont elle rapporte leurs interventions à l’hémicycle en se focalisant, à leurs yeux, de montrer que les aspects négatifs.Ils accusent également les professionnels de la presse d’avoir rapporté de fausses informations et de ne pas vérifier efficacement la véracité des faits.De son côté la député FLN, Saïda Hariti a refusé que ses semblables et elle soient qualifiées dans la presse de «belles femmes de l’APN et de coiffeuses» en indiquant que ce qui compte pour elle et que la démocratie l’emportera.D’autres ont également exprimé leur désarroi quant à la manière dont la presse a traité les nouvelles indemnités accordées aux députés, lesquels percevront désormais un salaire estimé à 40 millions de centimes, dont un ex-président de la Chambre nationale de l’agriculture et un député FLN s’étaient attaqué ouvertement aux journalistes en disant: «Vous n’avez laissé aucun député sans porter atteinte à sa dignité. D’ailleurs, tous les parlementaires sont contre vous». Le député FLN a demandé même d’éclairer mieux les tâches du (Conseil de l’éthique et de la déontologie de la presse gelé depuis 2005) tout en s’interrogeant sur le degré de responsabilité des rédacteurs en chef et des propriétaires de différents journaux de ce qui est publié au quotidien.Sorti de ses gonds, ce même parlementaire est allé même à laisser entendre les présents à l’hémicycle qu’ «il n’y a ni professionnalisme ni virilité», en indiquant ouvertement qu’il s’oppose à accorder davantage de liberté à la presse, qui selon lui, n’a pas épargné même les choses les plus sacrées. «Vous avez dépassé les limités», a-t-il lancé à l’adresse des professionnels de la corporation. En revanche, d’autres intervenants ont salué les efforts consentis par la presse de manière générale, et les nouvelles chaînes de télévision, dont Echorouk TV en particulier, avant que l’ex-directeur de l’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep), Wahid Bouabdallah ne s’en prenne, pour sa part, à la presse en proposant de ne laisser paraître que les titres qui s’acquittent régulièrement de leurs factures auprès des imprimeries et de leurs impôts en accusant certains propriétaires de journaux de «menteurs», car selon lui ils ne déclarent pas avec exactitude le taux de leur tirage, ce qui leur permet de bénéficier des publicités de l’Anep.Pour atténuer un peu l’atmosphère, dont les journalistes ont fait l’objet de vives critiques, le président du groupe parlementaire RND, Miloud Chorfi a tenu à rappeler que la conférence était tenue à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse et non pas pour faire des critiques.Même son de cloche chez l’ex-député du RND, Khaldi Boumediène qui a appelé les responsables refusant les critique d’être à la hauteur des responsabilités qui leur incombent et de laisser la presse faire son travail.« Libérez la plume et la parole, car le peuple algérien est conscient et peut distinguer le bien du mauvais », a-t-il indiqué lors de son allocution.