Les marchés suspendus à la réunion de l’Opep au Caire ce samedi
Spécialiste du flou artistique pour mieux gérer, le ministre libyen en charge du pétrole Choukri Ghanem a déclaré hier, que “Toutes les options sont ouvertes” pour la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) samedi au Caire, indiquant que l'Opep pourrait éventuellement y prendre une décision sur sa production.
- En effet, selon lui, “toutes les options sont ouvertes. Il pourrait y avoir une décision, ou un simple échange d’opinions ».
- Face à l’effondrement des prix du pétrole, qui ont été divisés par trois en cinq mois, l’Opep tiendra samedi une réunion “consultative” au Caire (Egypte), deux semaines avant sa réunion extraordinaire prévue à Oran le 17 décembre.
- Lors de cette réunion, l’organisation examinera “la situation de l’offre et de la demande” et vérifiera si ses membres ont bien respecté leurs quotas de production, a précisé le ministre.
- L’Opep avait annoncé le 24 octobre une baisse de 1,5 million de barils par jour de sa production, qui a échoué jusqu’à alors à enrayer la chute des prix. La réunion du Caire sera l’occasion de vérifier dans quelle mesure les pays membres ont appliqué cette diminution.
- Pour sa part, le représentant de l’Iran au sein de l’Opep, Mohammad Ali Khatibi, a jugé lundi “nécessaire” une nouvelle baisse de la production de l’organisation pour empêcher la baisse des prix, alors que le président Mahmoud Ahmadinejad a dit que la baisse des prix n’a aucun effet sur l’Iran.
- “Lors de sa réunion d’octobre, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a décidé une baisse de 1,5 million de barils par jour , mais cela n’a pas suffi à enrayer la baisse des prix. Par conséquent, il semble qu’une nouvelle baisse de la production est nécessaire”, a déclaré M. Khatibi.
- Jeudi, le ministre de l’Energie et des mines, Chakib Khelil, actuel président de l’Opep a estimé que l’organisation devrait prendre une décision plus “importante” que celle prise le 24 octobre pour arrêter la chute des cours, descendus la semaine dernière à leur plus bas niveau depuis mai 2005.
- Le 24 octobre, l’Opep avait décidé, lors d’une réunion urgente, de réduire de 1,5 million de barils par jour sa production à partir du 1er novembre.
- Les cours du brut étaient en hausse dans les échanges électroniques en Asie, dépassant les 54 dollars, alors que le marché anticipe une décision de baisse de la production lors de la réunion du Caire, selon des courtiers.
- Dans ce contexte d’inquiétude générale des pays producteurs, dont les finances dépendent en grande partie des revenus pétroliers, le président Ahmadinejad a déclaré lundi que la baisse des prix n’aura aucun effet sur l’économie iranienne.
- “Les fluctuations des prix du pétrole” n’ont aucun effet même si le baril iranien était descendu à “40 et quelque dollars”, a dit le président dans un discours prononcé en province. Le baril iranien est descendu à moins de 42 dollars, selon les derniers chiffres officiels.
- L’Iran, second pays membre de l’Opep, produit officiellement 4,2 mbj et son économie dépend énormément de ses exportations de brut qui fournissent autour de 80% de ses revenus en devises.
- “Même si on arrive au point où les ennemis ne nous achètent plus de pétrole, nous pourrons bien gérer le pays”, a déclaré M. Ahmadinejad. “Grâce à Dieu, les fluctuations des prix du pétrole n’auront aucun effet déterminant sur le prochain budget (pour l’année iranienne qui commencera en mars 2009)”, a-t-il ajouté.
- Déjà dimanche, le président Ahmadinejad avait déclaré que le gouvernement pouvait diriger le pays “avec un baril à huit ou même cinq dollars”. Ce qui a été critiqué par une partie de la presse.
- En effet, la chute du prix de l’or noir affecte gravement les finances du pays, dont 80% des revenus en devises proviennent de la vente du pétrole.
- En attendant, d’aucuns estiment que la rencontre de samedi va avoir un effet positif sur les prix, puisque la baisse des quotas de 1,5 millions de barils, entamée au début de ce mois de novembre, y sera entérinée.