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Les politiques fustigent l'audience d'Amr Moussa par Bouteflika

الشروق أونلاين
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D.R
Bouteflika reçoit Amr Moussa

Des politiques algériens ont critiqué l’audience par Bouteflika d’Amr Moussa, une des figures du coup d’Etat perpétré contre le président Mohamed Morsi, qu’il n’a aucun titre pour être reçu officiellement, si ce n’est une démarche d’Alger pour « soutenir » un putschiste pour succéder à un président élu légitimement.

Amr Moussa est en effet l’une des figures du régime égyptien, et il a occupé plusieurs postes de responsabilités. Il était secrétaire général de la Ligue arabe, ministre des Affaires étrangères égyptien du président déchu Hosni Moubarak et président de la commission en charge d’amender la Constitution sous le régime du putschiste, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi.

Pour Makri, la réception d’Amr Moussa par Bouteflika entre dans le contexte de « solidarité des régimes arabes contre leurs peuples », en faisant allusion à la crise de légitimité du régime de Abdel Fattah Al-Sissi, dont la légitimité est rejetée par des organisations régionales et internationales.

Contacté dimanche par Echorouk, le président du MSP a estimé que la visite d’Amr Moussa en Algérie s’ajoutait à celle effectuée par le chef de la diplomatie égyptienne, Nabil Fahmi. « Le système a annoncé publiquement qu’il allait aider l’Égypte à sortir de son isolement et à marquer son retour au sein des organisations régionales et internationales. La visite de Nabil Fahmi en Algérie n’est qu’une reconnaissance du régime issu du coup d’Etat en Égypte », estime Makri.  

Le patron du MSP a affirmé que les « Etats membres de la Ligue arabe étaient unanimes sur une question, qui est la coordination entre leurs ministres de l’Intérieur pour le maintien du statu quo politique et à faire échouer tout processus visant l’ancrage de la démocratie et donner la parole au peuple ».

De son côté, Lakhdar Belkhellaf, leader du FJD s’est interrogé sur la qualité d’Amr Moussa reçu officiellement par le chef de l’Etat, si ce n’est qu’une figure du régime issu du coup d’Etat en cherchant à imposer l’artisan du coup de force comme successeur au président destitué par la force.

« Il aurait fallu au président Bouteflika de ne pas recevoir Amr Moussa qui est l’une des figures du coup d’Etat perpétré en Égypte, sachant également des circonstances sensibles que vive le peuple égyptien appelé aux urnes pour la présidentielle. Du moins, pour que l’Algérie ne soit pas considérée comme partie dans l’équation politique interne du Caire », juge Benkhellaf.  

« Le leader des putschistes avait annoncé dans un premier temps ne pas avoir l’intention de se porter candidat aux élections présidentielles avant qu’il ne revienne aussitôt sur sa décision… c’est la promesse des putschistes! Pour nous, nous devrions ne pas accueillir Amr Moussa, car il est un défenseur des putschistes et président de la commission en charge de l’amendement de la Constitution et qui a défendu toutes les propositions faites sous le régime de Al-Sissi. L’Algérie devrait plutôt se positionner aux côtés du peuple égyptien en non pas du côté de celui qui a commis un coup d’Etat contre la légitimité », poursuit-il.  

Bouhadja: “L’Algérie n’a pas manifesté une opposition à ce qui se passe en Égypte”

Quant au porte-parole du Front de libération nationale (FLN), Saïd Bouhadja lui trouve tout à fait naturel la réception d’Amr Moussa par Bouteflika car, selon lui, l’Algérie soutient les développements qu’a connus l’Égypte depuis plus d’une année.

Contacté par Echorouk, Bouhadja a dit que « Amr Moussa suit le courant (le groupe de Al-Sissi), et je pense que l’Algérie ne s’est pas opposée à la situation actuelle en Égypte. Moi personnellement je considère Abdel Fattah Al-Sissi comme Djamel Abdenasser. C’est un leader nationaliste ».

« Ce qu’ont fait les militaires aux Frères musulmans en Égypte, aurait pu se produire si les Frères musulmans s’étaient emparés de l’armée », regrette-t-il.  

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