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Les rebelles syriens achètent des armes à des agents du régime

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Bachar al-Assad est leur ennemi juré, mais les rebelles qui cherchent à renverser le président syrien n’hésitent pas à payer cher ses agents pour se procurer des armes et des munitions.

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“Nous achetons aux espions d’Assad”, explique le major Abou Mahar, en tirant une bouffée de cigarette dans une salle de gym réquisitionnée comme base par son réseau rebelle à Alep (nord).

Selon lui, les 200 combattants qu’il dirige mènent des “missions spéciales” contre les forces d’Assad. Mais comme les autres groupes rebelles, ils disposent seulement de mitraillettes, de roquettes anti-chars, de fusils de précision, et de bombes et roquettes fabriquées artisanalement.

Sept Kalachnikov sont suspendues à un crochet et un sceau est rempli de balles dans un coin du bureau d’Abou Mahar, qui surplombe la salle où il y a quelques mois encore des sportifs s’entraînaient.

L’homme a fait défection cet été de l’armée de l’air. Et comme d’autres rebelles, il a encore des connaissances dans les forces armées et de sécurité.

Abou Mahar explique que les balles coûtent 110 livres syriennes (1,60 dollar) pièce, s’il se les procure auprès de personnes liées au régime, contre 2 dollars “sur le marché”, en refusant de préciser de quel marché il s’agit.

Il affirme que la plupart des balles de son groupe viennent des chabbiha, des miliciens pro-régime. “Nous les achetons auprès d’agents doubles, ils ont besoin d’argent. Le Dieu des chabbiha, c’est l’argent. Ils ne se préoccupent de rien d’autre. Ils seraient prêts à vendre leur mère”, déclare-t-il.

“Ils ont un accès libre aux magasins de munitions de l’armée, de la police et des services secrets. Ils font des économies en vue de la chute du régime”, sourit-il dans sa barbe poivre et sel.

Néanmoins, il reste évasif sur la fréquence et les endroits où ses échanges se déroulent. Les rebelles ne semblent pas trop perturbés par l’idée de financer des partisans de leur ennemi.

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