Les Russes campent sur leurs positions, désaccord entre Moscou et l'UE
Des soldats russes ont tué mercredi un policier géorgien, selon Tbilissi, tandis qu'aucun signe tangible de leur retrait de Géorgie n'est encore perceptible et que Moscou et l'UE divergent sur la future mission d'observateurs européens.
- Deux jours après la conclusion d’un accord prévoyant le départ des forces russes de Géorgie, hors territoires séparatistes, d’ici le 10 octobre, des soldats ont tiré sur un poste de police à Karateli, une position russe clé dans le nord du pays.
“Un poste de police géorgien s’est retrouvé sous le feu d’un checkpoint russe vers 09H15 (05H15 GMT). Les Russes ont tiré à deux reprises”, a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Chota Outiachvili, à l’AFP.
Un policier géorgien, touché à la tête et à la gorge, est mort peu après de ses blessures, a-t-il ajouté, assurant que la police géorgienne n’avait “pas répliqué aux tirs”.
Karateli se trouve sur la route stratégique reliant la ville géorgienne de Gori à la capitale de la région séparatiste d’Ossétie du Sud, Tskhinvali. Des forces russes sont concentrées dans cette région limitrophe de l’Ossétie ainsi que dans l’ouest de la Géorgie.
Aucun signe de retrait de ces forces n’était perceptible mercredi matin, selon le secrétaire du Conseil national de sécurité Alexandre Lomaïa.
Contrairement à ce que Tbilissi avait annoncé, “ce sont non pas des soldats russes mais des milices abkhazes qui ont quitté mardi le village de Ganmoukhouri, proche de l’Abkhazie, a-t-il expliqué à l’AFP, admettant la
diffusion “d’informations erronées” la veille par le gouvernement géorgien. “Les Russes ont levé un barrage sur un pont là-bas et la police géorgienne est retournée dans le village” mais les forces russes maintiennent des
positions dans le village, a précisé M. Lomaïa. Un responsable du ministère russe de la Défense a affirmé pour sa part dès mardi que le démantèlement des postes de contrôle avait “commencé dans les zones proches de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie”, toutes deux régions sécessionnistes de Géorgie. A Khobi, à 30 kilomètres de l’Abkhazie, un officier russe commandant un poste de cointrôle a déclaré mercredi à l’AFP que neuf de ses 24 hommes et du matériel étaient déjà partis.
“Nous serons partis à la date prévue et sommes prêts à quitter plus vite que prévu si on nous le demande”, a-t-il affirmé sous couvert de l’anonymat.
Une Géorgienne dans un magasin proche du point de contrôle a déclaré les avoir “vus préparer leurs affaires et retirer des fils de fer barbelés”.
Mercredi matin, aucun signe de mouvement ou de préparation de retrait n’était toutefois visible sur place.
Au même moment, de premières divergences ont éclaté entre Moscou et Bruxelles sur les observateurs de l’UE qui doivent être déployés en Géorgie d’ici le 1er octobre, le chef de la diplomatie russe ayant exclu qu’ils
puissent se rendre dans les deux régions séparatistes, sous contrôle de l’armée russe.
“Les observateurs internationaux supplémentaires seront déployés juste autour de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, et non pas à l’intérieur de ces territoires”, a-t-il affirmé.
Peu après, le diplomate en chef de l’UE Javier Solana réaffirmait, après M. Sarkozy lundi, que la mission de l’UE en Géorgie serait “déployée avec l’esprit d’être déployée partout”, y compris dans les régions sécessionnistes.
Le quotidien russe Kommersant faisait sa Une mercredi sur ces premiers désaccords. “De telles divergences peuvent sérieusement freiner la mise en oeuvre de l’accord (de paix), sinon l’enterrer”, souligne le journal.