Les Saoudiens prêts à payer des salaires à l'Armée syrienne libre
Les Saoudiens sont prêts à payer les salaires de l’Armée syrienne libre (ASL) afin d’encourager les défections de membres de l’armée régulière et d’accroître la pression sur le régime de Damas, selon le quotidien britannique The Guardian samedi.
Selon le journal, la décision a été prise après des discussions entre représentants saoudiens, américains et “du monde arabe”.
Les Saoudiens auraient donné leur accord en mai, selon des sources “de trois pays arabes”, indique le Guardian, au moment où des armes commençaient de passer en Syrie par la frontière turque, destinées à l’ASL.
Le sénateur américain Joe Lieberman, qui soutient activement la rébellion en Syrie, a évoqué la question lors d’un récent voyage au Liban et en Arabie Saoudite, selon le quotidien. “Le sénateur Lieberman soutient l’idée que les combattants de l’opposition armée reçoivent une paye suffisante et régulière, bien qu’il ne pense pas nécessaire que les États-Unis fournissent eux-même ces fonds”, a indiqué le porte-parole du sénateur, Wayne Phillips, cité par le journal.
Le Guardian assure en outre qu’un centre de commandement de 22 personnes, pour la plupart des Syriens, a été mis en place à Istanbul pour coordonner les livraisons d’armes avec les dirigeants de l’ASL en Syrie.
Le journal dit avoir été témoin d’un transfert d’armes au début du mois en Syrie près de la frontière turque. “Cinq hommes habillés comme dans les pays du Golfe” et porteurs de fortes sommes d’argent auraient réceptionné 50 boîtes de fusils et de munitions ainsi que des médicaments provenant de la ville turque de Reyhanli.
Ankara a démenti vendredi l’envoi d’armes aux rebelles syriens, après des informations du New York Times jeudi, selon lesquelles des agents de la CIA surveillaient en Turquie les livraisons d’armes aux rebelles syriens pour s’assurer qu’elles ne tombent pas entre les mains de membres d’Al-Qaïda.
La Turquie abrite des camps de réfugiés et de déserteurs syriens, provoquant l’ire de Damas qui l’accuse d’armer les rebelles.
Le régime de Bachar al-Assad a reconnu samedi avoir abattu un avion de chasse turc, envenimant encore les relations entre les deux pays.
La révolte contre le régime syrien a coûté la vie à plus de 15.000 personnes en 16 mois, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).