Libye: arrestation de Seïf al-Islam Kadhafi
Seif al-Islam, un des fils du colonel Mouammar Kadhafi qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité commis en Libye, a été arrêté, a annoncé lundi le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo.
« J’ai reçu des informations confidentielles selon lesquelles il a été arrêté », a déclaré à l’AFP M. Moreno-Ocampo. « Nous espérons qu’il pourra être très bientôt à La Haye » pour y être jugé, a ajouté le procureur de la CPI, indiquant qu’il « avait prévu de contacter le gouvernement de transition » libyen plus tard dans la journée pour discuter des modalités pratiques de son transfèrement aux Pays-Bas. M. Moreno-Ocampo a encore souligné que la Cour « était prête à aider les Libyens à gérer leur passé difficile » et à « soutenir le gouvernement de transition » libyen « pour qu’aucun crime ne reste impuni ». Seif al-Islam est le deuxième fils du colonel Kadhafi et porte-parole officieux du régime. Il était souvent présenté comme le futur successeur de son père. Considéré par le procureur de la CPI comme le « Premier ministre libyen de facto », il est accusé d’avoir joué un « rôle clé dans la mise en oeuvre d’un plan » conçu par son père visant à « réprimer par tous les moyens » le soulèvement populaire de février, « dont l’utilisation de violence extrême et meurtrière ». Il aurait notamment organisé le recrutement de mercenaires. Le président du Conseil national de transition (CNT) libyen Moustapha Abdeljalil avait affirmé dimanche disposer « d’informations sûres que Seif al-Islam avait été arrêté ». « Il est dans un lieu sûr sous garde renforcée en attendant qu’il soit déféré à la justice », avait-il indiqué dans une interview à Benghazi, bastion des rebelles dans l’Est de la Libye, à la chaîne de télévision du Qatar Al-Jazira. La CPI avait émis le 27 juin des mandats d’arrêt contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif Al-Islam, 39 ans, et son beau-frère et « bras droit », le chef des services du renseignement libyens, Abdallah Al-Senoussi, 62 ans. Les trois hommes sont soupçonnés de crimes contre l’humanité commis en Libye depuis le 15 février, date à laquelle avait éclaté la rébellion qui s’était ensuite transformée en conflit armé. Le bureau du procureur de la CPI détient des documents « montrant que les trois ont tenu des réunions pour planifier et diriger les opérations » en vue de mater la révolte dans le sang, selon M. Moreno-Ocampo. Le procureur estime qu’ils sont « pénalement responsables des meurtres, arrestations, détentions, disparitions et mauvais traitements contre des manifestants non armés et des dissidents présumés commis par les forces de sécurité libyennes ». La CPI est le premier tribunal international permanent chargé de poursuivre les auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. La Cour a compétence en Libye en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU votée le 26 février