Libye: forte résistance à Bani Walid, un fils Kadhafi réfugié au Niger
Les combattants du nouveau régime rencontraient une forte résistance près de Bani Walid face aux troupes restées fidèles au leader libyen déchu Mouammar Kadhafi dont l'un des fils, Saadi, s'est réfugié au Niger.
Saadi Kadhafi, ancien footballeur qui a aussi dirigé une unité d’élite de l’armée, se trouvait dans un convoi intercepté dimanche par l’armée dans le nord du Niger, ont indiqué les autorités de ce pays selon qui 32 proches du leader libyen déchu sont arrivés depuis le 2 septembre.
Agé de 38 ans, Saadi s’était dit prêt le 31 août à se rendre pour “arrêter l’effusion de sang”, qualifiant les rebelles de “frères”. Les nouvelles autorités libyennes avaient alors dit que, s’il le faisait, elles assureraient sa sécurité.
Alors que Mouammar Kadhafi et son fils Seif al-Islam, l’un des plus influents, restent introuvables, plusieurs de ses proches et d’ex-généraux ont trouvé refuge au Niger qui a cependant dit qu’il respecterait ses engagements auprès de la justice internationale.
Deux autres des huit fils de Kadhafi -Hannibal et Mohamed-, sa fille Aïcha et son épouse Safiya avaient fui en Algérie. Ses fils, Seif al-Arab et Khamis, seraient morts.
Deux jours après la fin de l’ultimatum fixé aux pro-Kadhafi pour déposer les armes, les forces du Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion, n’ont encore lancé aucune offensive d’envergure, mais des combats ont eu lieu dimanche à Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli).
Le chirurgien Riba Ahmed, d’un hôpital de campagne proche, a affirmé à l’AFP avoir reçu 10 morts et une vingtaine de blessés. “J’ai aussi reçu un prisonnier (un soldat pro-Kadhafi, ndlr) et pour être honnête il y avait des signes de tortures, de nombreuses traces de coups sur son dos, probablement avec des bâtons”, a-t-il précisé. “Je crains que l’on soit en train de remplacer un Kadhafi par un autre”.
Dimanche, une radio pro-Kadhafi avait appelé les habitants à la résistance, diffusant en boucle le même message: “Ils viennent pour nous tuer. Ils veulent répandre la corruption et la destruction. Allez-y aujourd’hui, aujourd’hui, aujourd’hui. Maintenant que vous êtes armés, il n’y a pas d’excuses. C’est l’heure du jihad”.