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L'Inde frappée par deux séries d'attentats meurtriers

الشروق أونلاين
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L'Inde frappée par deux séries d'attentats meurtriers

Samedi soir 26 juillet, une série de 17 explosions a tué 49 personnes et fait au moins 160 blessés en l'espace d'une heure et demie à Ahmedabad, la sixième plus grande ville indienne, située dans l'ouest du pays. Les bombes, remplies de boulons et d'écrous, visaient des marchés et des hôpitaux dans dix quartiers de la ville où cohabitent hindous et musulmans. Certaines étaient placées dans de petites boîtes métalliques ou dans des sacs posés à l'arrière de bicyclettes.

  • Les mesures de sécurité venaient pourtant d’être renforcées, vingt-quatre heures après l’explosion de huit autres bombes à Bangalore, capitale informatique de l’Inde, qui ont tué deux personnes et fait une douzaine de blessés. D’après les premiers éléments de l’enquête, les modes opératoires étaient identiques. Dimanche 28 juillet, la police a affirmé avoir désactivé deux bombes dans une voiture à Surat, au sud d’Ahmedabad.
  • Quelques minutes avant les explosions survenues à Ahmedabad, une organisation dénommée Les Moudjahidins indiens a revendiqué les attentats en transmettant, par voie électronique, aux médias indiens un manifeste de 14 pages intitulé “La Montée du Djihad”. Les auteurs du texte y affirment vouloir venger les violences “antimusulmanes” qui ont ensanglanté le Gujarat en 2002. Dans cet Etat de l’ouest de l’Inde, des émeutes avaient été déclenchées juste après la mort de 40 pèlerins hindous, brûlés vifs dans un train à 200 kilomètres d’Ahmedabad. En deux semaines, 2 000 personnes, dont une majorité de musulmans, avaient été tuées.
  • APPEL AU CALME
  • Samedi soir, deux des bombes ont explosé dans la circonscription du ministre en chef du Gujarat, Narendra Modi, critiqué pour avoir encouragé les pogroms antimusulmans en 2002. Une autre explosion a eu lieu sur un pont qui avait été le théâtre de violents affrontements. Les autorités craignent de nouveaux heurts entre hindous et musulmans dans une ville encore fragilisée par les tensions communautaires. L’armée a été déployée dans les quartiers sensibles. Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a condamné les attentats et appelé la population au calme.
  • Le groupe des Moudjahidins indiens est connu pour avoir revendiqué une série d’attentats qui ont fait 61 morts à Jaipur, la capitale du Rajasthan, en mai 2008. Il regrouperait, au sein d’une alliance disparate, les groupes islamistes du Harkat-ul-Jihad-al-Islami (HUJI) et du Lashkar-i-Taiba, liés à Al-Qaida. Le premier opère à partir du Bangladesh, le second à partir du Pakistan.
  • Le Mouvement indien des étudiants islamiques (SIMI), banni du territoire indien en 2001 après avoir fait allégeance à Al-Qaida, fait aussi partie du groupe des Moudjahidins indiens. Des camps d’entraînement du SIMI ont été découverts pour la première fois, en 2007, dans le sud de l’Inde. “Ils utilisent pour l’instant des bombes de faible intensité, sans doute pour expérimenter et tester les capacités de leurs hommes. Ils ont réussi à Bangalore et à Ahmedabad. La prochaine fois, ils pourraient utiliser des explosifs plus sophistiqués”, estime un fonctionnaire des services de renseignement.
  • L’opposition accuse le gouvernement de laxisme après les 11 attentats qui ont fait quelque 550 morts en moins de trois ans en Inde. Lal Krishna Advani, leader du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP) a dénoncé l’absence de lois antiterroristes et la “faiblesse des services de renseignement indiens”. Ces derniers pâtissent en effet d’un manque de coordination avec les services de police des Etats, indépendants du pouvoir central.
  • A moins d’un an des élections législatives, les attentats meurtriers de Bangalore et d’Ahmedabad risquent d’affaiblir la coalition au pouvoir. Le gouvernement qui a obtenu à l’arraché, mardi, un vote de confiance au Parlement, est déjà fragilisé par la mauvaise conjoncture économique, notamment une inflation record.
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