Londres reconnaît le CNT et lui alloue l'ambassade vidée des pro-Kadhafi
La Grande-Bretagne a accentué la pression sur Tripoli en reconnaissant mercredi comme seul “gouvernement légitime” en Libye le CNT, organe politique de la rébellion, et en l'invitant à s'installer à l'ambassade libyenne à Londres après expulsion des diplomates pro-Kadhafi.
“Le Royaume-Uni reconnaît le Conseil national de Transition et traitera avec lui comme seule autorité gouvernementale en Libye”, a déclaré lors d’une conférence de presse le chef de la diplomatie britannique, William Hague.
“Nous traiterons le CNT de la même façon que n’importe quel autre gouvernement dans le monde”, a souligné le ministre, invitant le CNT “à nommer un nouveau représentant diplomatique pour prendre possession de l’ambassade libyenne à Londres”.
Dans la foulée, Londres a annoncé l’expulsion des derniers diplomates fidèles au régime, trois mois après avoir congédié l’ambassadeur libyen, Omar Jelban.
Ce dernier avait été prié de quitter le pays après l’attaque contre des bâtiments diplomatiques britanniques à Tripoli. Deux autres diplomates libyens aux “activités contraires aux intérêts” britanniques avait également dû plier bagages.
Il y a dix jours, dans sa déclaration finale à l’issue d’une réunion à Istanbul, le groupe de contact sur la Libye avait convenu de traiter le Conseil national de transition comme “l’autorité gouvernementale légitime” du pays “jusqu’à ce qu’une autorité intérimaire soit en place”. Le groupe de contact réunit des pays participant à la campagne de l’Otan, des pays arabes et des organisations internationales dont l’ONU et la Ligue arabe.
M. Hague a salué les engagements du CNT en faveur “d’une Libye plus ouverte et démocratique”. Selon lui, l’évolution de l’opposition “est à l’opposé de la démarche de Kadhafi qui a perdu toute légitimité du fait de sa brutalité à l’encontre du peuple libyen”.
Peu après ses déclarations, une vingtaine de sympathisants du CNT ont déployé le drapeau rouge, noir et vert de l’opposition devant l’ambassade libyenne à Londres sur laquelle flottait encore le drapeau officiel du régime.