Londres refuse de s’impliquer seule, et plus, en Afghanistan
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a annoncé hier, que Londres ne voulait “pas porter une part injuste du fardeau” en cas d'envoi de renforts en Afghanistan, comme le souhaite le président américain nouvellement élu, Barack Obama.
-
“Non, pas nécessairement”, a répondu le chef de la diplomatie britannique à la question de savoir si la volonté de Barack Obama d’envoyer des renforts en Afghanistan pourrait entraîner un geste similaire des Britanniques.
-
“Obama a dit qu’il voulait deux nouvelles brigades. Il y a 1.500 soldats français supplémentaires et les Allemands accroissent le nombre des leurs. En tant que deuxième contributeur en Afghanistan, la première chose que nous disons est que nous ne voulons pas porter une part injuste du fardeau”, a-t-il déclaré à la BBC.
-
Environ 8.000 Britanniques sont stationnés en Afghanistan. “La deuxième chose que nous disons est que davantage de soldats étrangers ne vont pas à eux seuls fournir la solution en Afghanistan. Il faut une approche comprenant à la fois une importante force de sécurité et le développement du pays… Il faut un renfort en termes civils en même temps qu’un renfort militaire”, a poursuivi M. Miliband.
-
Evoquant l’Irak, où 4.100 Britanniques sont stationnés, le ministre a rappelé que le Premier ministre Gordon Brown avait annoncé cet été un “changement fondamental” début 2009 dans la mission des troupes en Irak.
-
“Nous allons avoir une relation normale avec le gouvernement irakien… cela ne représentera pas le genre de déploiements de troupes que nous avons pour l’instant”, a-t-il dit. Barack Obama veut retirer l’essentiel des 145.000 soldats américains stationnés en Irak d’ici l’été 2010 afin de libérer troupes et argent pour la guerre en Afghanistan, où sont déployés 32.000 Américains.
-
Le chef d’Etat-major britannique, Sir Jock Stirrup, s’est déclaré “optimiste” quant à une “réduction significative” des troupes britanniques en Irak mais a averti que cela “ne pourrait pas” signifier un “transfert un pour un d’Irak en Afghanistan”, soulignant sur la BBC le besoin de “réduire le rythme” pour des forces armées “débordées”.